Rosemont

Sylvie Rochette: femme d’affaires pour l’aide alimentaire

Sylvie Rochette
Sylvie Rochette, directrice et cofondatrice du Regroupement Partage. Photo: Gracieuseté / Centraide du Grand Montréal

Engagée dans l’entrepreneuriat social depuis près de 25 ans, Sylvie Rochette est finaliste du prix Femmes d’affaires du Québec. Pour l’occasion, elle revient sur son parcours et l’évolution du Regroupement Partage dont elle est la directrice générale.

Bien avant de se retrouver à la tête du Regroupement Partage, Sylvie Rochette a toujours été animée par l’envie d’aider les autres. Issue d’une famille de sept enfants, elle prend ainsi modèle sur ses parents qui étaient «très impliqués dans leur communauté».

«Ma mère était une femme très forte, elle s’investissait beaucoup à une époque où les femmes étaient plutôt au foyer. Ça fait partie de moi d’être une citoyenne responsable, d’être partie prenante de la société», raconte Mme Rochette.

À l’âge adulte, et une fois installée à Montréal, son engagement pour les autres se traduit notamment par un travail auprès des personnes toxicomanes. Mais, c’est seulement quelques temps après la naissance de sa fille qu’elle découvre le milieu dans lequel elle fera carrière.

Bénévole auprès du centre communautaire Patro Le Prevost, elle se retrouve plongée dans les enjeux liés à l’aide alimentaire et rencontre ses différents acteurs.

«À l’époque il y avait des magasins-partage dans cinq quartiers. En livrant moi-même des denrées alimentaires, j’ai constaté qu’il n’y avait pas un quartier qui fonctionnait de la même façon. Le service et les moyens n’étaient pas les mêmes partout et il y avait des iniquités», se souvient Mme Rochette.

Elle travaille alors à uniformiser le fonctionnement des magasins-partage pour offrir à tous une base de gestion commune et une même qualité de service. Elle veille cependant à ce que les magasins soient adaptés à chaque quartier et à sa population. Par la suite, elle fondera le Regroupement Partage afin de poursuivre cette mission et développer d’autres projets.

Professionnalisme et travail d’équipe

Mais, Mme Rochette ne cesse de le répéter, être entrepreneure sociale demande d’être capable de faire entièrement confiance à ses collaborateurs. Selon elle, sans confiance et sans transparence, il n’est pas possible d’avancer.

«Je crois qu’il faut avoir confiance en vos moyens et être capable de déléguer. Je suis très fière d’être entourée d’une équipe solide et qui fait preuve d’un grand professionnalisme, c’est ce qui nous permet de relever les défis qui se présentent», souligne-t-elle.

Les défis n’ont d’ailleurs pas manqué depuis le début de l’année. L’arrivée de la pandémie a forcé l’organisme à revoir sa façon de travailler pour continuer à fournir son service d’aide alimentaire.

La livraison de denrées alimentaires s’est ainsi mise en place auprès des personnes vulnérables. Mais surtout, Regroupement Partage est venu en aide aux organismes de quartier en récoltant des fonds, en fournissant du matériel et l’équivalent de 500 000$ de denrées alimentaires.

Cette collaboration et un dialogue ouvert est selon elle la clé pour améliorer la lutte contre la pauvreté. En dialoguant avec tous les acteurs de la société, il est possible d’explorer de nouvelles avenues selon Mme Rochette.

«Il y a un véritable bénéfice à se parler et à collaborer ainsi. J’espère que ça nous permettra un jour de voir la pauvreté réduite et presque disparaître», conclut-elle.

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