Rosemont
16:10 22 janvier 2021 | mise à jour le: 22 janvier 2021 à 16:33 temps de lecture: 4 minutes

Reconvertir l’incinérateur Des Carrières en studios de cinéma

Reconvertir l’incinérateur Des Carrières en studios de cinéma
Photo: Gracieuseté / Studio 1310Les Studios 1310 imaginés par MM. Deloume, Deschênes et Bernard à partir des plans d’origine de l’incinérateur.

Après plusieurs années de recherche sur l’incinérateur des Carrières, trois résidents de Rosemont- La Petite-Patrie proposent un nouveau concept ambitieux. Ils souhaitent reconvertir le bâtiment en studio de production cinéma de grande ampleur.

Bâtiment emblématique de Rosemont-La Petite-Patrie, l’incinérateur des Carrières et ses deux grandes cheminées fascinent Rémy Deloume, Éric Deschênes et Éric Bernard depuis des années.

En se promenant tout près, ils entendent un jour des employés de la Ville souhaiter que le bâtiment soit mis à terre pour en faire un grand stationnement. Les trois amis se décident alors à imaginer une alternative, un projet viable qui permettrait de conserver ce patrimoine local.

«On s’est dit que c’était fou que ce bâtiment soit complètement abandonné depuis si longtemps sans que rien ne soit fait. Démolir un édifice d’architecture brutaliste comme celui-ci nous semblait incroyable», raconte Rémy Deloume.

Tous les trois issus du milieu du cinéma, ils voient dans ce lieu le potentiel pour construire le premier studio de grande ampleur sur l’île de Montréal: les Studios 1310. Ils se lancent alors dans de longues recherches, consultent les plans d’origine et réfléchissent à différentes possibilités d’aménagement.

Miser sur le cinéma

«Notre idée, c’est de proposer un projet qui soit rentable et puisse avoir des retombées économiques pour la ville. Le cinéma est une industrie qui représente une importante manne financière au Québec, mais aucun studio de production ne se trouve aussi proche du centre-ville», explique M. Deloume.

Ses partenaires et lui croient d’ailleurs que les Studios 1310 pourraient servir de tremplin au cinéma québécois. Il favoriserait les productions locales et en deviendrait un symbole facilement reconnaissable. Le lieu pourrait également servir à accueillir des expositions artistiques et des événements culturels.

«On souhaite aussi que ce soit l’occasion de repenser les habitudes des studios de production cinéma. L’industrie est très polluante, mais des solutions innovantes existent pour travailler en écoresponsabilité et éviter le gaspillage», ajoute M. Deloume.

Convaincus que leur projet apportera beaucoup à la vie culturelle et économique de Montréal, les partenaires l’ont soumis au budget participatif lancé par la Ville. Ils espèrent ainsi pouvoir mener une étude de faisabilité complète pour estimer le coût global.

Décontamination coûteuse

Seule ombre au tableau, le site est fortement contaminé et contient de nombreux composés chimiques dangereux, notamment de l’amiante et de la peinture au plomb. Des incendies y ont également eu lieu en 2015 et en 2019. Pour être reconverti, l’incinérateur devra donc avant tout être décontaminé.

«Cette bâtisse est dangereuse, elle contient une soupe chimique qui dégage notamment des vapeurs d’ammoniaque. Sans parler de la structure qui se fragilise de plus en plus», explique M. Deloume qui ne se laisse pas décourager pour autant.

Au contraire, selon lui, la décontamination de l’incinérateur estimée à plus de 40 M$ est urgente et devra se faire, que le projet se réalise ou non.

«Cette décontamination peut paraître chère, mais il faut la remettre en perspective avec ce que coûterait une démolition et ce que coûte l’incinérateur à entretenir actuellement alors qu’il ne sert pas et ne rapporte rien», souligne M. Deloume.

Selon les informations de la Ville, une étude réalisée en 2014 estimait le coût de la démolition à 25 M$. La sécurisation des accès et de la structure du bâtiment représente des frais d’environ 25 000$ par an.

«À l’heure actuelle, divers facteurs sont pris en considération pour le futur du site et plus d’une avenue est à l’étude», laisse savoir Gabrielle Fontaine-Giroux, relationniste à la Ville.

Construit en 1970, le bâtiment a servi d’incinérateur à déchets pendant plus de 20 ans. La Ville a ordonné sa fermeture définitive en 1993 car il était responsable d’une trop grande pollution de l’air.

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