Rosemont

Apprendre aux enfants leurs droits petit à petit

Bénie est une membre émérite du comité des droits des enfants de la Ruelle d'Hochelaga.
Bénie est une membre émérite du comité des droits des enfants de la Ruelle d'Hochelaga. Photo: Émile Bérubé-Lupien/ Métro

À 10 ans, Bénie Ondongo-Lokuli est une membre émérite du comité des droits des enfants du centre de pédiatrie sociale de la Fondation Dr Julien La Ruelle d’Hochelaga. Alors qu’elle est impliquée dans l’initiative depuis environ un mois, l’enthousiasme de la jeune fille transparaît. Elle veut d’ailleurs encourager ses camarades à en apprendre plus sur leurs droits. À l’occasion de la Journée internationale des droits des enfants du 20 novembre, Métro a rencontré la jeune fille.

«Le comité des droits des enfants nous apprend quels sont nos droits. Nous apprenons comment nous pouvons les utiliser», explique Bénie. Les membres du comité sont âgés de 8 à 13 ans et se réunissent une fois par semaine. Une avocate, accompagnée d’intervenantes, propose des activités ludiques permettant aux jeunes d’en apprendre davantage sur le système juridique. À titre d’exemple, Bénie explique qu’elle a appris que les enfants peuvent exiger d’avoir accès à des soins médicaux appropriés. L’histoire d’un petit garçon à qui on a refusé des traitements malgré ses demandes répétées et qui en est décédé l’a donc particulièrement interpellée.

Apprendre dans le plaisir

«L’intérêt du comité, c’est qu’il y a des séances ludiques, on n’est pas derrière une table, on est dans l’action, soutient l’intervenante Céline Leprince, qui participe aux activités du comité. C’est vraiment adapté aux enfants. Les adultes autant que les enfants, on est au même niveau, on apprend et on partage.» Elle explique que le programme a été développé par l’Institut de pédiatrie sociale, qui est rattaché à la Fondation Dr Julien. «Ils ont fait un gros travail en amont pour résumer la Convention relative aux droits de l’enfant en sept grands principes qui permettent de résumer et d’expliquer aux enfants le contenu de cette convention», souligne-t-elle.

Si les activités du comité des droits des enfants de La Ruelle d’Hochelaga intéressaient fortement Bénie, elle indique que l’implication de son grand frère dans le groupe l’a particulièrement interpellée. «D’apprendre que je pouvais venir ici chaque semaine pour en apprendre sur mes droits me plaisait beaucoup», indique l’enfant.

L’enfant au centre des préoccupations

À plusieurs reprises, la jeune fille souligne qu’il est important que l’on consulte ou informe les enfants au sujet de thèmes les concernant, comme leur santé ou leur éducation. C’est d’ailleurs un des principes de base de la Fondation Dr Julien. «C’est quelque chose qu’on pratique beaucoup dans la pédiatrie sociale, explique Mme Leprince. On accompagne les familles, mais on s’assure que les décisions soient prises avec les enfants.»

Si elle est fortement intéressée par les droits des enfants, Bénie ne souhaite pas nécessairement devenir avocate lorsqu’elle sera plus grande. Mais son objectif n’est pas si éloigné de ce qu’elle apprend chaque semaine au comité des droits des enfants. «J’aimerais aider les enfants, j’aimerais devenir pédiatre», lance-t-elle.

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