Rosemont–La Petite-Patrie

S’adapter à la culture des patients pour leur offrir des soins adaptés

La clinique de pédiatrie transculturelle de l'HMR assiste les médecins et les intervenants en lien avec les difficultés vécues par les enfants immigrants et leur famille. Photo: David Flotat, Métro

Barrière de langue, de culture, ou encore différences par rapport aux pratiques médicales du pays d’origine, il n’est pas toujours facile d’avoir accès à des services médicaux adaptés lorsqu’on émigre dans un autre pays. Une poignée de cliniques proposent toutefois un service basé sur une approche transculturelle à Montréal.

Ana, Fabio et leurs enfants sont arrivés au Québec il y a quatre ans. Alors que leurs deux filles souffraient de difficultés à s’endormir dû à un traumatisme vécu dans leur précédent pays de résidence, la clinique de pédiatrie transculturelle (CPT) de l’Hôpital-Maisonneuve-Rosemont a permis à la famille de recevoir un accompagnement complet.

«L’ensemble des intervenants nous a mis en confiance petit à petit, ils nous ont vraiment permis de nous sentir beaucoup mieux aujourd’hui. On ne sera jamais assez reconnaissants envers eux», partage Ana.

Ana, Fabio, et leurs deux filles sont arrivés au Québec il y a quatre ans. (Crédit photo: David Flotat, Métro Média)

Une approche pas comme les autres

Depuis 1999, la CPT de l’Hôpital-Maisonneuve-Rosemont propose un suivi multidisciplinaire s’adaptant à la réalité culturelle des familles issues de l’immigration.

«La clinique a été fondée par des pédiatres qui étaient aux prises avec des cas de problèmes psychosociaux ou de santé mentale très complexes auxquels font face les familles dans un contexte d’immigration», précise la Dre Tinh-Nhan Luong, directrice de la clinique.

Quand les modèles thérapeutiques occidentaux classiques ne fonctionnent pas, on voit que le lien de confiance est difficile à établir [avec ces familles]. Il peut y avoir de la méfiance, des refus de services, et même parfois de traitement. L’approche transculturelle nous permet alors de faire le pont.

Dre Tinh-Nhan Luong, pédiatre et directrice de la clinique pédiatrique transculturelle
(Crédit photo: David Flotat, Métro Média)

La CPT fonctionne sur référence et est composée de plusieurs intervenants de deuxième et troisième lignes. Des rencontres de groupe avec l’ensemble de ces derniers et la famille ont lieu une fois toutes les semaines.

Pour assurer la traduction, un interprète est également présent.

«Même si la famille parvient dans certains cas à s’exprimer en français, il est plus facile pour eux de parler dans leur langue maternelle. L’interprète permet aussi de faire de la médiation pour nous aider à outrepasser les barrières culturelles», relate la Dre Luong.

La Dre Tinh-Nhan Luong est la directrice de la clinique pédiatrique transculturelle de l’HMR. (Crédit photo: David Flotat, Métro Média)

Pour Béatrice Chenouard, intervenante psychothérapeute à la CPT, la complémentarité du suivi fait par son équipe permet de contourner de multiples obstacles.

«Les familles que nous aidons ont souvent un parcours migratoire complexe, avec une perte de repères, des traumatismes, ou des moments de séparation qui ont beaucoup d’impact dans leur vie quotidienne.»

Le deuil, le bouleversement des rôles familiaux, les difficultés d’adaptation à l’école ou encore les relations entre parents sont autant d’enjeux auxquels l’équipe de la CPT répond à travers son approche.

Des besoins à combler

Pour la Dre Luong, l’approche transculturelle gagne à être connue au Québec, à l’heure où de plus en plus de familles sont susceptibles d’arriver prochainement dans la province.

«Ça prend du soutien à l’arrivée pour d’abord rassurer ces familles-là, les sécuriser et leur offrir toutes les ressources de base dont elles vont avoir besoin.»

Alors que 21 % des 650 000 immigrants présents à Montréal seraient arrivés au cours des cinq dernières années, il y aurait seulement cinq cliniques de ce type dans la métropole.

«Nous avons beaucoup de demandes, mais malheureusement avec le peu de ressources dont nous disposons, on ne peut pas répondre à l’ensemble d’entre elles. Ce qu’on souhaiterait, c’est former plus d’intervenants», fait savoir la directrice de la CPT.

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