Rosemont–La Petite-Patrie

Louis-Dupire : manque d’argent et contamination

Beauchemin Philippe - TC Media
– EXCLUSIF- Les serres Louis-Dupire ne deviendront donc pas l’école montréalaise d’horticulture de Montréal (EMHM) au cours des prochains mois, comme cela devait le cas. Cette décision de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) d’annuler le projet se base sur plusieurs points, notamment sur le fait que le ministère de l’Éducation, du Loisir et des Sports (MELS) n’a toujours pas consentie le budget nécessaire au réaménagement et à la décontamination du terrain et des bâtiments situés au coin des boulevards Pie-IX et Rosemont, initialement évaluée à 6,1 M$.

Le plan quinquennal du MELS est élaboré chaque année pour une période de cinq ans et sera revu prochainement. Mais pour l’instant, le projet aux serres est mis de côté.

Deux rapports, que nous avons consultés, font état de la forte contamination aux serres Louis-Dupire.

Selon le Devis descriptif de relocalisation de l’EMHM aux serres Louis-Dupire préparé pour la CSDM par la firme d’architectes Riopel, Brière, Gilbert et associés en date du 3 février 2012, on peut lire que « plusieurs composantes de l’immeuble sont contaminées par de l’amiante et des moisissures ainsi que par la présence de peinture avec plomb. Par conséquent, les travaux de démolition seront réalisés sur un chantier à risque élevé » entre les dates du 14 mai 2012 et le 7 juin 2013. On y indiquait aussi que les travailleurs devaient porter une combinaison spéciale contre l’amiante et un appareil respiratoire.

De plus, dans une évaluation environnementale du site faite par Inspec-Sol et dont les conclusions ont été envoyées au directeur du Jardin botanique Gilles Vincent le 10 septembre 2007, ont y fait état de dépôts de résidus industriels et de la présence possible de trois anciens réservoirs de gaz dans le sol des serres. On recommandait à l’époque de « déterminer l’emplacement des anciens réservoirs (…) d’effectuer une caractérisation environnementale – phase II du site afin de déterminer s’il y a eu contamination des sols et de l’eau souterraine. »

Les résultats de cette étude « ne révèlent rien d’inquiétant », laisse savoir la chargée de communication de l’Espace pour la vie, dont fait partie le Jardin botanique, Karine Jalbert.

« La CSDM a donc accepté de faire les travaux qui s’imposeraient lors de la construction du projet. Pour le moment, rien n’a encore été fait à cet effet. Si le projet d’école ne se réalise pas, nous aurons une réflexion à faire à cet effet. Toutefois, nous restons positifs et nous espérons vivement que le projet voit le jour bientôt. »

Du côté de la CSDM, le porte-parole Alain Perron insiste : « c’est une question de financement et non pas de contamination des lieux qui est en cause » dans l’annulation de l’appel d’offres pour la relocalisation de l’école d’horticulture dans les serres Louis-Dupire.

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