L’ancien CM Dollard Plus, un magasin à un dollar, est placardé et hors fonction depuis quelque temps déjà. Pourtant, lors de notre passage en ce mercredi 5 septembre, de nombreuses personnes s’y trouvent. En effet, une dizaine de bénévoles s’affairent à retirer le tapis, les étagères et les comptoirs. Ils y reviendront dans quelques jours pour, cette fois, y poser des carreaux, repeindre les murs et installer des frigos.
« Il y a un « buzz » autour de nous, souligne l’agent de projet à la Corporation de développement communautaire (CDC) Rosemont, Daniel Desputeau. Les gens viennent voir ce qu’on fait et quand on leur explique qu’ils auront bientôt accès à des fruits et légumes frais, ils n’y croient pas. Il y a une dame qui vient de passer et qui nous a dit que ça faisait 30 ans qu’elle attendait ça dans le secteur.»
Comme l’explique Denis Leclerc, directeur général de la CDC, la nouvelle fruiterie se veut « l’aboutissement de quatre années de travail, depuis le forum social de 2006. Ça découle d’une démarche citoyenne et ça se veut une solution permanente au désert alimentaire de l’est de Rosemont. »
Le projet, au coût de 182 000 $, permettra aux résidents du secteur – et à toute personne qui veut bien y faire ses achats – d’avoir accès à des fruits et légumes frais.
« Par Bonne boîte bonne bouffe (programme de Moisson Montréal), on a accès à des approvisionneurs qui nous donnent de bon prix. Les gens qui viendront acheter ici pourront poser toutes les questions qu’ils veulent sur les aliments, leur provenance, la raison de leur prix; notre fruiterie en est une à but non lucratif, qui appartient à la communauté. Ce n’est pas privé, c’est issu des citoyens et ça appartient aux gens de l’est de Rosemont. C’est important pour nous que la population soit au courant de cela. »
La coordonnatrice Mathilde Laroche-Bougie sera responsable de l’endroit. « On va consulter les gens du secteur pour savoir ce qu’ils veulent comme fruits et légumes. On va prendre leurs suggestions et s’adapter. Pour l’instant, on ne compte pas aller dans le bio. Nos produits seront le plus locaux possible. Avec la présence d’un comptoir laitier, de produits de boulangerie et d’aliments non périssables, en plus des fruits et légumes, on veut que ceux qui entrer ici trouvent de tout pour se faire un souper et une épicerie. »