« C’est tout nouveau pour moi, et tellement récent, dit-elle au lendemain de sa victoire. J’avais une confiance dans le résultat, que j’avais une chance sur deux d’être élue. Je ne pensais pas que j’obtiendrais une si forte majorité (près de 4500 votes de plus). Vous savez, Nicolas (Girard, le député péquiste sortant) faisait un bon travail et était très apprécié. Et avec raison. La différence cette fois, par rapport à 2008, c’est que les gens, les électeurs, ont reconnu mon implication dans le quartier. J’y vis depuis 33 ans et y défend des dossiers depuis des années. En plus, il y a eu le débat des chefs, qui a complètement changé la donne. Après, les gens me reconnaissaient et venaient me voir pour parler et échanger, et ce, pas juste ici dans Gouin, mais partout au Québec. »
Dans un café de la rue Saint-Zotique, Françoise David nous parle des premiers dossiers qu’elle compte prendre en main dès son entrée en poste… après quelques jours de vacances.
« La chance que j’ai, c’est d’arriver en confiance, sans me sentir dépassée, parce que je suis déjà impliquée dans de nombreux dossiers locaux. Je sais que le développement des sites Bellechasse et Marconi-Alexandra sera important. Il s’agit des derniers grands terrains disponibles dans Gouin. Je continue de soutenir qu’il y faut absolument les 30 % de logements sociaux réclamés. Mon rôle sera de parler autant avec les gens au pouvoir à Québec qu’ici, dans l’arrondissement, pour arriver à ce pourcentage. On ne peut pas manquer notre coup dans ce dossier. C’est trop important. »
Outre cela, elle s’affèrera dans des dossiers culturels locaux, de transport, d’environnement, d’aide aux personnes vivant avec un handicap et de tout ce qui touche déjà aux engagements de la plateforme de Québec solidaire.
À Québec, elle aimerait également siéger sur la commission des affaires sociales, « un monde que je connais bien et où je pourrais faire avancer des projets de loi », croit-elle.
Balance du pouvoir
Avec un gouvernement péquiste minoritaire au pouvoir, Mme David espérait que son parti serait en charge de la balance du pouvoir, pour ainsi tirer vers la gauche les décisions politiques. Au regard des résultats, on constate plutôt que c’est la Coalition avenir Québec qui aura cette « chance ». Une situation qui ne ravie pas Françoise David.
« Oui, j’ai peur que la droite soit favorisée. J’aurais préféré un autre scénario, du genre que le PQ obtienne 61 ou 62 sièges et nous, la balance du pouvoir avec nos deux sièges. Ça aurait été plus simple. Mais en même temps, je ne suis pas candide et j’ai assisté à assez de périodes de questions et de négociations pour savoir que rien n’est simple, mais qu’un esprit de collaboration est possible. Ce gouvernement, même minoritaire, peut fonctionner quelques années. »
Après son café en notre compagnie, Françoise David a repris le chemin de son local électoral. Dans les prochains jours, elle devra trouver un emplacement pour son premier local de comté et former l’équipe qui l’entourera dans son travail de députée, un terme auquel elle devra rapidement s’habituer.
