Rosemont–La Petite-Patrie

« Gentilly or not to be »,ou quand le nucléaire ne fait pas peur

Des bébés qui naissent sans perforation annale; hausse des avortements spontanés et des bébés mort-nés; hausse des malformations chez les nouveau-nés; hausse majeure des cas de leucémie. Pourtant, des décideurs locaux et nationaux, politiciens et investisseurs du secteur privé, font tout pour garder ouverte la seule centrale nucléaire du Québec, situé à Bécancour. Pourquoi ?

Voilà la question que lancent les deux documentaristes de Gentilly or not to be, un film des Productions de la ruelle, une boite toute rosemontoise à qui l’on doit notamment les séries historiques J’ai la mémoire qui tourne.

Sur une période de plus de cinq ans, Éric Ruel et Guylaine Maroist ont recherché de l’information sur les effets du nucléaire, tant sur le plan de la santé que de l’environnement. Ils ont réalisé des entrevues avec des spécialistes internationaux, des politiciens et des citoyens touchés par cette forme d’énergie.

Ils ont également suivi des scientifiques et spécialistes de la santé qui s’opposent au projet de réfection de la centrale dans leur combat pour alerter la population locale et Gentilly-2.

« On avait déjà fait un documentaire (Bombe à retardement) sur les vétérans canadiens qui ont subi des tests nucléaires dans le Nevada, à la fin des années 1950, rappelle Mme Maroist. Depuis, on est resté sensible au sujet. En 2008, quand le gouvernement du Québec a annoncé son intention de relancer Gentilly-2, on a vu ces médecins et scientifiques s’y opposer avec force. Pour nous, ç’a été le déclic; on ne parlait plus juste de groupes environnementaux. Voilà que des spécialistes du milieu de la santé sonnaient l’alarme. On s’est dit qu’il fallait continuer et replongé dans tout ça. »

Parallèlement aux discours des opposants au nucléaire rencontrés par le duo des Productions de la Ruelle, Gentilly or not to be dresse aussi les arguments en sa faveur, essentiellement économiques.

On y voit et entend les Thierry Vandal, président-directeur général d’Hydro-Québec, Julie Boulet, ex-ministre responsable de la région de la Mauricie, Nathalie Normandeau, alors vice première ministre et ministre des Ressources naturelles et de la Faune, de même que l’ancien premier ministre Jean Charest, insister sur l’importance économique de maintenir ouverte la centrale Gentilly-2 et de relancer ses activités.

D’ailleurs, lors de la récente campagne électorale, la question du nucléaire et de la diffusion prochaine du documentaire de Mme Maroist et de M. Ruel (17 septembre à Télé-Québec) a rattrapé la caravane libérale. Une situation qui a fait plaisir à la réalisatrice de Gentilly or not to be.

« On est évidemment heureux de faire parler de nous et de notre travail, admet-elle. Pour un documentariste, il est parfois très difficile d’attirer l’attention du grand public. Là, on sent que c’est fait et que le film est attendu. On veut solliciter le débat et donner des informations pertinentes au public et à la population. Actuellement, on évacue la question du nucléaire et de ses effets. »

En terminant, on demande à Mme Maroist si elle quitterait Rosemont – La Petite-Patrie pour aller vivre à proximité de la centrale Gentilly-2. Elle répond: « Oui, certainement que j’irai m’installer à Bécancour, c’est très joli comme endroit. Mais seulement quand la centrale sera déclassée et inopérationnelle, pas avant! »

« Gentilly or not to be » est présenté au cinéma Beaubien ce mardi 11 septembre, 19 h.

Il sera également possible de le voir sur les ondes de Télé-Québec, le 17 septembre à 21 h, et en rediffusion le 19 septembre à 13 h 30.

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