Saint-Laurent

Trouver sa cause dans l’environnement

Julien Bourdeau est étudiant au Cégep Saint-Laurent en sciences humaines. Photo: Gracieuseté

À 18 ans, Julien Bourdeau milite activement pour la préservation des milieux naturels autour du Technoparc, à Saint-Laurent. Un engagement qu’il a pris lorsqu’il a découvert par hasard ces espaces qui grouillent de vie autour des installations industrielles.

Quand vous est venue cette passion de la nature du Technoparc?

J’ai commencé à militer pour l’environnement en 2019 lors des élections fédérales. Je soutenais la candidate du parti Vert du Canada, Georgia Kokotsis. Elle avait mis en avant-plan la protection du milieu naturel du Technoparc. Avant cela, je n’avais aucune idée que cela existait alors que je vis à Saint-Laurent depuis toujours.

Une fois la campagne terminée, j’avais découvert que certaines entreprises du Technoparc utilisaient des rodenticides pour éliminer les rongeurs. Mais ces poisons ont un gros impact négatif sur la faune et la flore. Je me suis dit qu’il fallait continuer à protéger ces milieux naturels. En avril de cette année, j’ai rejoint Technoparc Oiseau, un regroupement qui existe depuis 2016.

Pourquoi mettre en avant les oiseaux ?

Le Technoparc est un secteur industriel, mais il est riverain de 215 hectares sur lesquels se trouvent des forêts, des prés et surtout des milieux humides, ce qui est très rare à Montréal. Les ornithologues de partout au Québec y viennent observer les oiseaux. Il y’a 208 espèces répertoriées.

Or, cette immense zone ne bénéficie d’aucun statut de protection. Elle est en constant danger. On doit militer pour la préserver.

Julien Bourdeau. – Gracieuseté

Quels moyens vous donnez-vous pour agir ?

On doit surtout informer et mobiliser les gens. Ce qui est difficile, c’est que ces milieux naturels ne sont aucunement connus. Ils ne sont pas mentionnés sur Google maps. Ils n’ont même pas de toponymie. Ce qui est appelé le champ des monarques ou l’étang aux Hérons sont des noms que les ornithologues ont donnés pour se repérer.

Une fois que les lieux sont mieux connus, nous pouvons avoir une meilleure couverture médiatique.

Visiter les lieux est-il si convaincant ?

Quand les gens arrivent sur place et voient un aussi grand milieu naturel aussi diversifié, à Montréal, ils sont abasourdis. Mais ils sont choqués d’apprendre aussi qu’il n’est pas protégé et que des propriétaires veulent vendre des terrains pour y construire des usines. On risque bientôt de perdre le champ des monarques parce que l’entreprise Medicom va y bâtir une installation industrielle.

Comment sont accueillies vos revendications?

Les élus semblent dire qu’ils veulent travailler, mais on a l’impression à chaque fois que c’est tombé dans l’oreille d’un sourd. Le maire de Saint-Laurent a proposé en 2011 le parc nature des sources, mais il n’a reçu aucun financement et il n’avance pas. À la ville centre, on nous dit qu’ils sont ouverts à l’idée, mais rien ne suit. Au fédéral on n’a même pas eu de retour.

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