Saint-Léonard

COVID-19 : «zone chaude» à Saint-Léonard

test de covid 19
Photo: Zuzana Gogova/Getty Images

Près d’une personne sur quatre qui se fait tester pour la COVID-19 obtient un résultat positif dans l’arrondissement de Saint-Léonard, toujours l’un des secteurs les plus durement touchés par la pandémie dans la métropole.

Selon les dernières données publiées par la Santé publique, le taux de positivité se hissait à 23,3 % entre le 12 et le 18 janvier. C’était la proportion la plus élevée sur l’île, bien au-dessus de la moyenne montréalaise de 14,5 %. Le nombre de cas positifs (346) comptabilisés durant cette période était également l’un des plus élevés sur l’île de Montréal. Le taux par 100 000 habitants se chiffrait à 442 cas positifs. Seul Montréal-Est, une ville liée d’environ 4000 habitants, avait un taux plus élevé.

Pendant les 28 jours précédant le plus récent bilan de la Santé publique, Saint-Léonard a déploré 30 décès. Seul Montréal-Nord en a recensé plus (32).

Évoquant la gravité de la situation, le maire d’arrondissement Michel Bissonnet exhorte les citoyens à respecter les mesures sanitaires, «même dans les activités extérieures».

«Depuis plusieurs semaines, il y a une flambée importante de cas positifs à la COVID-19 à Saint-Léonard», a-t-il déclaré dans un communiqué envoyé pour promouvoir l’ouverture d’une nouvelle clinique de dépistage au cœur de ce qui est devenu l’une des zones chaudes majeures de la deuxième vague.

«Ce n’est pas le moment de relâcher notre vigilance! De plus, si vous avez le moindre symptôme s’apparentant à la COVID-19, rendez-vous à l’une des cliniques de dépistage […] et isolez-vous en attendant d’obtenir le résultat.»

Récemment, François Legault s’est dit prêt à envoyer plus de tests dans des quartiers de Montréal où la transmission communautaire est la plus forte. Les équipes pourraient même tester des personnes asymptomatiques. Saint-Léonard est l’un des secteurs nommés par le premier ministre.

Une baisse des cas ?

En entrevue le 15 janvier lors de l’annonce de l’ouverture de la clinique, Julie Provencher, directrice du programme jeunesse et des activités de santé publique au CIUSSS de l’Est, se montrait plutôt optimiste, soulignant la baisse du nombre de cas positifs.

«C’est certain que c’est préoccupant. Mais on voit depuis cette semaine des résultats encourageants et une tendance à la baisse au niveau du nombre de cas positif et de cas contaminé. C’est peut-être prématuré, on va suivre ça de près dans les prochaines semaines», expliquait-elle le 15 janvier.

Fin décembre, on dénombrait plus de 1 000 nouveaux cas dans l’arrondissement. Néanmoins, il est difficile de déterminer si cette baisse signifie simplement que moins de personnes se font tester.

«Lorsque le Québec sort les valeurs du nombre d’infections, ça donne une tendance, mais tant et aussi longtemps qu’on ne connaît pas le nombre d’échantillons qui ont été testés, on n’a pas la vraie mesure d’à quel niveau le virus est encore présent. Lorsqu’il y a une valeur à la baisse, ça ne veut pas nécessairement dire que le virus est moins rampant», vulgarise Benoit Barbeau, professeur en sciences biologiques à l’UQAM.

Des causes complexes

Malgré la baisse du nombre de cas déclarés, l’arrondissement reste l’un des plus touchés. Les causes sont cependant difficiles à évaluer.

«La question se pose depuis le début de la pandémie», rappelle M. Barbeau. Il explique que la densité de la population pourrait faire en sorte que les mesures sanitaires soient plus difficiles à appliquer.

«Malheureusement, pour plusieurs raisons, plusieurs évoquées et certaines qu’on connaît moins, certains secteurs de Montréal sont plus infectés et ils font en sorte que le virus soit plus présent», ajoute-t-il.

À Concertation Saint-Léonard, qui coordonne la réponse communautaire, on tente tant bien que mal d’expliquer la situation.

«On sait qu’on a des familles nombreuses. Il y a aussi eu des cas dans les écoles. C’est difficile de savoir si ça vient des milieux de travail ou des écoles. Qui contamine qui ? C’est toujours complexe à analyser», constate Sophie-Sylvie Gagné, directrice intérimaire de l’organisme.

Concertation est d’ailleurs en processus pour embaucher une personne à temps plein qui aura pour mission de «mettre sur pieds différentes actions pour essayer de freiner l’évolution du nombre de cas dans le quartier».

«Il y a toutes sortes de besoins qui ressortent de la population. On veut capter ces besoins-là pour essayer d’adapter notre réponse», termine Mme Gagné.

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