Saint-Léonard

Un jumelage enfants-aînés pour briser l’isolement

Gregoria, 81 ans, et Hannah, 8 ans, ont participé à une série d’échanges de lettres et de rencontres virtuelles. Photo: David Flotat/Métro Média

Des aînés de Saint-Léonard ont participé à une opération de jumelage intergénérationnel avec des enfants du quartier. Un moyen de briser l’isolement et la solitude en cette période de pandémie.

Organisé par l’Accueil aux Immigrants de l’Est de Montréal (AIEM), le projet a été lancé au début de l’année 2021.

« Il a fallu préparer les aînés aux activités qui allaient se passer, leur expliquer et les familiariser avec la plateforme Zoom. », explique Manuel Agudelo, chargé de projet pour les aînés à l’AIEM.

Gregoria est une octogénaire originaire du Pérou. Encore en apprentissage du français, c’est avec la traduction de Manuel qu’elle a pu répondre à nos questions.

« Pour moi, c’est une bénédiction que nous ayons pu briser l’isolement à l’aide de ces lettres et rencontres, car nous nous sentions enfermés pendant longtemps », partage-t-elle.

Quand la pandémie a commencé, il y a eu un coup d’arrêt de toutes mes activités. Je n’avais plus rien à faire et je suis resté à la maison sans arrêt pendant 10 mois. Depuis l’activité, ma vie est redevenue rose, ça m’a apporté beaucoup de bonheur et c’était très touchant d’avoir pu rencontrer Meriem.

Gregoria, 81 ans.

Construire un lien

Le premier contact entre Gregoria et la petite Meriem s’est fait en mars, par l’intermédiaire de lettres et de dessins échangés. Elles se sont ensuite donné rendez-vous une fois par semaine pour parler sur la plateforme Zoom.

« Nous avons appris à nous connaître; Meriem m’a parlé de sa famille, de son quotidien, du métier d’infirmière qu’elle voudrait faire plus tard et de sa couleur préférée, qui est le bleu », raconte l’aînée qui porte spécialement un chandail de cette couleur pour la photo de l’article.

Les aînés et les enfants ont pu échanger des cadeaux personnalisés confectionnés à la main.

Si Gregoria explique qu’elle était nerveuse à l’idée de correspondre par une plateforme numérique, et en français de surcroît, elle se sent désormais fière d’avoir pu surmonter ces obstacles grâce à l’aide des coordonnateurs du projet.

« J’étais constamment en lien avec elle et l’enfant avec qui elle était jumelée pour les aider au besoin, la barrière de la langue n’était pas un problème. C’est un chemin plus long, mais ils ont toujours pu trouver une solution, soit en communiquant par des gestes ou en nous demandant de traduire certaines choses », précise Manuel.

Hannah, 8 ans, est une jeune fille hispanophone qui a participé à l’un des premiers jumelages du programme, alors qu’elle apprenait encore le français. Celui-ci s’est fait avec Sylvie, une dame francophone originaire du Rwanda.

Elle garde elle aussi un bon souvenir de cet échange.

« Je voulais la découvrir et aussi partager des choses sur moi, j’ai donc écrit une histoire à Mme Sylvie. Nous avons partagé des bons moments », dit-elle.

Un jumelage éducatif

À travers ce lien grandissant, les enfants ont également pu découvrir une autre perspective.

« Plusieurs enfants m’ont rapporté que c’était intéressant de découvrir le monde à travers les yeux des aînés. Ça a été intrigant pour eux de voir qu’un jour, des objets comme les téléphones à cadran ont été utilisés par ces derniers. Ça a été comme un voyage dans le temps », partage Manuel.

Une pierre, deux coups pour cette initiative qui devrait se renouveler prochainement.

« Beaucoup d’aînés veulent rencontrer les enfants en présentiel. Nous travaillons à ce que ça se fasse prochainement. Ça dépendra bien sûr de l’évolution des restrictions sanitaires », déclare Manuel.

« J’aimerais rencontrer Mme Sylvie en vrai, comme ça j’en saurais plus sur elle et ce serait une belle expérience », affirme Hannah.

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