Saint-Léonard

Paula Alerte : Aider les familles dans le besoin à Saint-Léonard

Paula gère depuis 2013 la banque alimentaire Alerte-Providence, qui distribue des paniers alimentaire aux Léonardois dans le besoin. Photo: David Flotat/Métro Média

Impliquée depuis de nombreuses années dans le milieu caritatif et communautaire local, Paula Alerte dirige depuis huit ans une banque alimentaire à Saint-Léonard. Métro est revenu avec elle sur son parcours, et sur l’importance d’aider les autres dans le besoin.

C’est une Paula occupée qui nous accueille au sous-sol de l’Église Saint-Gilbert le mercredi 21 juillet.

Ce jour-là, c’était la journée de distribution hebdomadaire de paniers alimentaires pour les familles léonardoises défavorisées.

Ce n’est qu’après avoir fini de distribuer les denrées à la cinquantaine de personnes présentes, que l’aînée d’origine haïtienne nous raconte ce qui l’a amenée à s’impliquer pour sa communauté.

«J’ai toujours eu envie de travailler pour aider les gens. Arrivée à ma retraite je me suis demandé comment continuer en ce sens. Je n’avais plus rien à faire donc l’idée de monter la banque alimentaire Alerte-Providence m’est venue très vite», raconte-t-elle.

Arrivée au Canada depuis Haïti en 1970, Paula travaille à Saint-Léonard depuis près de 40 ans et connaît le coin comme sa poche. Elle s’est d’abord impliquée dans des initiatives caritatives au niveau pastoral.

«Dans un sens, Alerte Providence ça fait plus de 30 ans que ça existe. J’œuvrais à l’époque avec les sœurs religieuses pour apporter de l’aide lors de repas après la messe ou de guignolées à Noël.»

C’est en 2013 que Paula décide de passer officiellement à l’action et de créer sa propre banque alimentaire. «Pour les papiers il a fallu lui trouver un nom, je n’ai pas cherché loin puisqu’Alerte est mon nom de famille, et nous apportons de l’aide providentielle aux gens qui ont un besoin urgent.»

Une demande en augmentation

L’opération de dons alimentaires a lieu chaque semaine à l’église Saint-Gilbert depuis 7 ans.

Depuis son début, Paula constate une augmentation de la demande dans le secteur.

« Il y en a plus d’année en année. Depuis la pandémie , ça s’est encore plus accentué. Il y avait tellement de demandes qu’il n’y en avait parfois pas pour tout le monde», explique la retraitée.

Avec la reprise de la distribution en présentiel, le nombre de Léonardois présents chaque semaine ne diminue pas.

Avec la pandémie, beaucoup de familles sont tombées dans le besoin. Celui-ci se retrouve surtout dans les familles nombreuses avec quelquefois 5 ou 6 enfants. C’est difficile avec les salaires qui n’augmentent pas mais le coût de la vie qui augmente.

Paula Alerte, fondatrice de la banque alimentaire Alerte-Providence.

« Aujourd’hui nous offrons 200 paniers de nourriture par semaine. Il y a 130 à 140 familles qui viennent les chercher chaque mercredi. »

Paula s’affaire à préparer des paniers alimentaires au sous-sol de l’Église Saint-Gilbert. (Crédit photo: David Flotat, Métro Média)

Respect de la vie privée

S’il est parfois compliqué de faire le premier pas pour demander de l’aide, celle que tout le monde surnomme «Maman» mentionne que cela peut-être un processus délicat.

« Il y a toutes sortes de gens qui viennent ici, je n’aime pas leur poser des questions et je ne rentre pas dans leur vie privée. S’il faut le faire, il faut les approcher avec bienveillance. Mon devoir à moi c’est de m’ouvrir et de pouvoir offrir si besoin. »

Une fois ce lien de confiance établi, l’équipe de la banque alimentaire peut ensuite adapter son offre en fonction de chaque famille.

«Avec le temps on apprend à connaître les familles qui viennent et on construit un lien. Pour celles qui reviennent régulièrement, on connaît leurs besoins et on s’accommode en fonction du nombre d’enfants, ou leur confession religieuse par exemple.»

À l’approche du neuvième anniversaire d’Alerte Providence, Paula n’est pas prête à s’arrêter en si bon chemin, et a déjà d’autres projets en tête.

«Je prévois m’en occuper encore une dizaine d’années. Je rêve de monter une cuisine non pas collective, mais communautaire. J’aimerais cuisiner une fois par semaine pour les familles dans le besoin du quartier.»

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