Saint-Léonard

Darun Lok, allier l’art et l’autisme

Darun Lok partage sa passion pour l’art avec sa mère Kim Pov Eap et expose régulièrement ses œuvres avec le collectif Covid’Art. Photo: David Flotat/Métro Média

Darun Lok est un passionné d’art et membre du collectif Covid’Art depuis 2020. Diagnostiqué autiste léger durant son enfance, il est surtout un artiste en devenir doté d’une vision créative hors du commun.

Le temps d’une rencontre, il raconte à Métro ce qu’il l’a poussé à peindre tous les matins pour s’évader et comment l’art est un moyen pour lui de s’exprimer.

C’est avec enthousiasme que M. Lok nous rencontre à la bibliothèque de Saint-Léonard devant l’espace réservé aux œuvres de Covid’Art.

Le collectif d’artistes québécois créé à Saint-Léonard et Montréal-Nord tient une exposition dans ces locaux depuis la fin du mois de juin.

Membre de cet organisme depuis maintenant près de deux ans, M. Lok nous explique que sa passion pour l’art et l’idée d’exposer ses œuvres sont nées à travers plusieurs voyages en Europe.

«J’ai participé à un voyage avec d’autres enfants atteints d’un trouble lié à l’autisme en France. Nous avons visité le mont Saint-Michel, c’était très beau et j’ai eu envie de le dessiner. Ça a commencé comme ça», raconte-t-il.

Plusieurs années plus tard, après avoir commencé le dessin, Darun commence à suivre des cours de perfectionnement artistique avec l’une des artistes fondatrices du mouvement Covid’Art, dans un atelier de Montréal-Nord.

«C’était un cours d’apprentissage de technique mixtes pour adultes et enfants. Ce qui était très intéressant, c’est que Darun allait discuter autant avec les enfants qu’avec les adultes. Il comprenait très bien ces deux perspectives et faisait le pont entre celles-ci», raconte Iwonka Balcerowska, l’enseignante responsable du cours.

À travers ses œuvres, Darun décrit que l’exploration de la couleur est un des thèmes qu’il préfère. Il indique que l’art prend de plus en plus de place dans sa vie de tous les jours.

«Je suis parfois jusqu’à cinq cours différents dans la semaine avec des artistes expérimentés. Ce sont toutes des approches différentes, comme les dessins portraits, l’acrylique, ou l’abstrait. Avec le temps je m’améliore de plus en plus », partage l’artiste en formation continue.

«Quand je peins, ça me change les idées et je peux m’exprimer librement. Je fais ça tous les matins, ça me permet de me sentir bien pour la journée.»

Darun Lok

Un autoportrait réalisé au crayon par M. Lok lors d’un de ses cours de dessin.

L’art de mère en fils

Après avoir précisé ce qu’il voyait à travers les œuvres de la bibliothèque, Darun nous emmène voir ses tableaux dans l’atelier situé au sous-sol de la maison de sa mère, également artiste-peintre.

«C’est elle qui m’a donné le goût pour l’art. Depuis tout petit, je la regarde peindre et ça m’intéresse beaucoup.»

Kim Pov Eap, sa mère, se souvient de la fascination de son fils pour la peinture.

«Pendant que je peignais, il me regardait avancer mon œuvre pendant parfois des heures sans dire un mot. Comme j’étais dans ma bulle créative, j’oubliais qu’il était là!» partage-t-elle en riant.

Darun et Kim se retrouvent désormais une fois par semaine, pour partager un moment privilégié.

«Quand mon fils vient peindre avec moi à la maison, je ressens une émotion indescriptible. Nous vivons un moment de partage fort. Ça n’a pas toujours été facile par le passé quand je m’occupais de lui. Aujourd’hui nous nous reconnectons à travers notre art.»

Kim et Darun prévoient prochainement allier leurs deux pinceaux pour la réalisation d’une grande toile avant la fin de l’année.

Ils exposeront également leurs œuvres lors d’un vernissage à la galerie du Centre Leonardo Da Vinci prévu pour cet automne.

Les œuvres de Darun et des autres artistes de Covid’Art peuvent être visionnées jusqu’au 4 septembre dans le cadre de l’exposition Fenêtres et perrons. Plus de détails sont disponibles sur les réseaux sociaux du collectif .

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