Saint-Léonard

Dédier des espaces à la jeunesse pour combattre les violences armées

Le centre Leonardo Da Vinci.
Le centre Leonardo Da Vinci. Photo: Archives métro

Saint-Léonard offrira des espaces locatifs du centre Leonardo Da Vinci à des organismes communautaires dédiés à la jeunesse, dans le cadre d’un programme du ministère québécois de la Sécurité publique visant à renforcer le sentiment de sécurité et à lutter contre les violences armées.

Le programme Animation, jeunesse et actions à Saint-Léonard a pour objectif de favoriser l’accès des jeunes et des organismes communautaires à des espaces du centre communautaire afin de développer des espaces jeunesse à Saint-Léonard et d’y planifier des activités pour les jeunes.

Les espaces du centre qui seront loués aux organismes jeunesse sont le gymnase, la galleria, le théâtre Piccolo, la salle des cours de cuisine, la salle de classe et un bureau administratif collectif.

«Au cours des deux dernières années à Saint-Léonard, on a vécu des incidents de violence qui ont impliqué des jeunes, qu’ils soient victimes ou impliqués surtout par la [possession] d’armes à feu. C’est une initiative de prévention de la violence [qui donne] accès à des infrastructures sportives et culturelles.»

Arij El Korbi, Conseillère d’arrondissement

«On n’a pas de centre communautaire municipal à l’arrondissement, donc on a besoin d’offrir des locaux pour les organismes, non seulement pour qu’ils organisent une programmation des activités, mais aussi pour qu’ils aient des lieux où ils peuvent travailler, organiser des réunions, utiliser le gymnase et ainsi de suite, a expliqué la conseillère d’arrondissement Arij El-Korbi. Cette initiative vient du collectif jeunesse Saint-Léonard, qui est soutenu par notre division de la culture, des loisirs, des installations et des communications», a-t-elle mentionné.

Le collectif profitera d’une enveloppe totalisant 480 000$ – la plus grande distribuée à Montréal – afin de louer les espaces entièrement dédiés aux jeunes. Ce montant est conféré par le ministère de la Sécurité publique, dans le cadre du programme CENTAURE – Stratégie québécoise de lutte contre la violence armée.

La pérennité de l’approche locative questionnée

Le fondateur de l’organisme jeunesse DOD Basketball, Beverley Jacques, a exprimé ses inquiétudes quant à la pérennité et la stabilité de ce genre d’investissement.

«Sur papier, ç’a l’air intéressant, mais je sais que beaucoup de personnes dans la communauté sont mécontentes parce qu’on aurait pu utiliser cet argent-là pour offrir des locaux à des organismes comme les nôtres plutôt que [d’aller vers du] locatif. Ça fait longtemps que je parle d’un « hub » jeunesse, un espace où les jeunes peuvent se présenter pour « chiller », faire de la musique, danser, faire de l’art ou d’autres types de loisirs. Ç’aurait été une opportunité géniale de le faire», a-t-il commenté.

Ce dernier espère aussi voir davantage de pôles jeunesse se développer dans d’autres quartiers de l’arrondissement, là où les besoins sont selon lui plus importants.

«Il y a assez de services au nord de Saint-Léonard, mais il n’y en a pas assez au sud. Ce que ça fait c’est que le sud , c’est un lieu un peu désert , qui n’est pas desservi, négligé même. C’est là où il y a beaucoup d’action au niveau de la criminalité de quartier [chez] les jeunes.»
Pour résoudre ce problème, l’Arrondissement de Saint-Léonard espère voir plus de stabilité dans ce type de financement. Par exemple, cet investissement du programme CENTAUR est prévu sur une période de trois ans.

«Il faut aussi préserver ces activités-là; c’est le défi dans le communautaire. Des fois, malheureusement, il y a des projets intéressants, mais on les coupe. Pendant ce temps, les jeunes qui étaient impliqués dans ce programme tombent dans les fissures bureaucratiques et c’est plus difficile de reprendre la route», a expliqué la conseillère Arij El Korbi.

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