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Saint-Léonard à la traîne en matière de logements sociaux

La coopérative d'habitation Les voisins de Viau-Robert, rares logements sociaux à Saint-Léonard Photo: Courtoisie, Concertation Saint-Léonard

Alors que quelque 2400 ménages léonardois, soit 8% du total de l’arrondissement, dépensent plus de la moitié de leur budget pour le loyer mensuel, Saint-Léonard est le 3e arrondissement comptant le moins de logements sociaux à Montréal.

Ces chiffres sont ceux à retenir d’une assemblée publique sur le logement social tenue par le Comité promoteur du logement social de Saint-Léonard (CPLS) le 13 septembre. Intitulé Des $$$ pour du logement social???, l’événement a pris la forme d’une conférence chapeautée par Simon Dumais, coordonnateur du CPLS, et où trois membres d’autres organismes étaient invitées à se prononcer sur le sujet.

Au micro se sont succédé Sarah Armstrong-Dugas, chargée de projet pour Action dignité Saint-Léonard (ADSL); Barbara Eyer, agente de développement à Bâtir son quartier, et Marie-Josée Corriveau, coordonnatrice du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

Les organismes qui se sont exprimés ont tous mis de l’avant une même volonté: construire beaucoup plus de logements sociaux avec des fonds publics et distribuer de l’aide financière aux locataires. Ils se sont également mis d’accord sur le rejet de la notion de «logement abordable», un concept jugé flou.

L’événement a aussi été l’occasion de renseigner l’audience sur les trois types de logements sociaux qui existent au Québec. Ainsi, les habitations à loyer modiques sont des logements publics dont le loyer est limité à 25% des revenus. Les organisations sans but lucratif en habitation et les coopératives d’habitation sont d’autres types de logements sociaux.

La crise léonardoise du logement

«Il y a une situation de crise du logement à Saint-Léonard et il ne faut pas la nier», a affirmé d’emblée M. Dumais. Si la situation est bien répertoriée à travers la province – voire à l’échelle du pays –, Saint-Léonard est davantage touchée par cette crise, affirme le coordonnateur du CPLS.

Les chiffres que présente l’organisme, qui proviennent de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), montrent l’importance du phénomène. Les taux d’inoccupation dans l’arrondissement sont de 2% pour les 3 ½, 0,5% pour les 4 ½ et de 0% pour les 5 ½. La situation est telle qu’il n’y a pas suffisamment de grands logements en location sur le marché pour que la SCHL puisse établir un loyer moyen pour ce type d’habitation.

Les données de la SCHL montrent que les 4 ½ de Saint-Léonard se louent désormais en moyenne à un prix de 1008 $ par mois.

La pression de l’inflation

Sarah Armstrong-Dugas, de l’ADSL, constate les conséquences de cette crise, parmi lesquelles on compte des augmentations abusives de loyers et des évictions. Mme Armstrong-Dugas a ainsi noté qu’on observait actuellement des loyers plus chers de 50 $, 100 $ ou même plus, sans que ces hausses soient justifiées par des rénovations.

Elle rappelle que le coût de la vie a grimpé en flèche et que ces augmentations signifient moins d’argent disponible pour se nourrir pour les foyers plus modestes.

Elle remarque également que de nombreux ménages sont victimes de discrimination pour des motifs comme leur culture, le nombre d’enfants qu’ils ont ou encore leur arrivée récente au pays.

Des logements sociaux réclamés

On compte actuellement 584 logements sociaux à Saint-Léonard répartis entre deux HLM et trois coopératives d’habitation. Il s’agit de l’un des pires bilans parmi les arrondissements montréalais. À titre d’exemple, Ahuntsic-Cartierville compte actuellement 4 456 logements sociaux. Barbara Eyer ajoute que Saint-Léonard n’a pas d’organisations sans but lucratif en logement.

L’Office municipal d’habitation de Montréal donne le chiffre de 1069 ménages léonardois en attente d’un HLM – logements dont ils sont responsables. De son côté, Simon Dumais indique recevoir une dizaine de demandes par semaine de personnes souhaitant vivre dans un projet de coopérative d’habitation.

Un total d’environ 500 logements sociaux, coopératives et HLM confondus, sont planifiés dans le quartier. Mais selon le CPLS, il faudrait construire 2100 logements sociaux en quatre ans dans l’arrondissement pour commencer à résoudre la crise en cours. M. Dumais estime même que ce chiffre est probablement sous-estimé, car il a été calculé en fonction des besoins d’il y a quelques années.

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