Sud-Ouest

Un rassemblement contre la gentrification

Les manifestants étaient réunis devant la mairie d'arrondissement. Photo: Lila Maitre/Métro

Un rassemblement citoyen a eu lieu ce lundi 9 mai devant la mairie du Sud-Ouest pour protester contre la gentrification et interpeller les élus sur la demande de nouveaux logements sociaux et maisons de chambres, et contre les évictions.

Une quinzaine de personnes étaient réunies devant la mairie d’arrondissement, pancartes « Stop gentrification » et « Élu.e.s du quartier sauvez nos quartiers populaires » à la main. Cette manifestation était organisée par l’organisme POPIR – Comité logement, qui accompagne les locataires du Sud-Ouest pour leur droit au logement.

« On est là pour demander de meilleures protections pour les locataires […] parce que l’on constate que les évictions continuent », indique l’organisatrice communautaire et responsable des dossiers relatifs aux quartiers Côte-Saint-Paul et Ville-Émard du POPIR, Ines Benessaiah, qui demandait la mise en place d’une réglementation plus stricte pour encadrer les propriétaires qui ont parfois recourt à des évictions frauduleuses.

Maisons de chambre et logements sociaux

« On voit que beaucoup de maisons de chambre disparaissent, et il faut que ce phénomène cesse. On demande plus de réserves de terrains pour développer des logements sociaux », ajoute Ines Benessaiah.

Trois jours auparavant, le POPIR avait participé à une protestation contre la mise en vente d’une maison de chambre dans le quartier de Ville-Émard, qui incluait le départ de plusieurs locataires.

« J’habite sur du Couvent et j’ai vu des maisons de chambres fermer il y a quelques années, et maintenant je vois des gens qui habitaient cette maison de chambre se retrouver dans la rue», évoque Patricia, une habitante du Sud-Ouest depuis 13 ans.

Au niveau de la demande de terrains pour les logements abordables, les membres du collectif À nous la Malting, présents lors du rassemblement, ont à cet effet pris la parole pour demander que l’usine La Malting soit reconvertie en logements sociaux.

De leur côté, les organismes d’éducation populaire qui incluent le CÉDA et le Carrefour d’éducation populaire de Pointe-Saint-Charles étaient venu demander un soutien des élus pendant le conseil d’arrondissement dans la lutte contre la mise en place d’un loyer le 1er juillet prochain, qui pourrait provoquer leur départ du quartier.

Peu de pouvoir au municipal

Les élus de l’Arrondissement, réunis pour le conseil, ont manifesté leur soutien aux revendications du rassemblement.

« L’arrondissement du Sud-Ouest est un allié pour essayer de créer de l’abordabilité dans nos quartiers […] mais il a de petits pouvoirs en matière de réglementation, le gros du bâton c’est à la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest », explique le conseiller de ville, Craig Sauvé, en précisant que les financements pour les logements sociaux proviennent en majorité du gouvernement provincial.

« Je veux vraiment voir un gros débat là-dessus lors de cette période électorale dans laquelle on va rentrer dans quelques mois, il faut que ça soit un dossier majeur. Depuis trois ans et demi, je n’ai pas vu assez d’action », conclut-il.

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