Suffisamment de citoyens ont signé le registre demandant la tenue d’un référendum sur le projet de recyclage de l’ancien entrepôt d’Archivex situé au 3500, Saint-Jacques, près de la station de métro Lionel-Groulx.
Le 11 décembre, 89 citoyens ont signé le registre alors que le nombre requis pour la tenue d’un scrutin référendaire était de 64.
Le projet déroge aux normes se rapportant à la densité et à la hauteur maximale prescrite. Le bâtiment de trois étages est actuellement vacant. Le projet consiste à autoriser son agrandissement en permettant l’ajout de quatre étages pour une hauteur maximale de 28 mètres. Il comporterait des usages pour des commerces et des bureaux.
«Je suis très étonné que ce projet ait été rejeté», a commenté le maire de l’arrondissement, Benoit Dorais. Avec ce projet, l’arrondissement s’assure d’un secteur à vocation mixte avec emplois sur Saint-Jacques, a-t-il expliqué. «On parle d’un bâtiment 100% emplois», a souligné le maire – un immeuble ayant la capacité d’accueillir 2000 travailleurs. «On s’évertue à créer des emplois», a-t-il dit. «Des gens demandent souvent de ne pas faire uniquement des condos.»
«Montréal n’a pas les moyens de perdre des emplois», a déclaré la conseillère municipale Véronique Fournier. «On met en péril un projet structurant pour l’arrondissement du Sud-Ouest et la ville de Montréal au complet.»
En conférence de presse, Benoit Dorais et Véronique Fournier, tous deux membre de Vision Montréal, le parti qui détient la majorité au conseil, ont déploré ce qu’ils qualifient de «campagne de peur» menée dans ce dossier par la conseillère de Projet Montréal, Sophie Thiébaut. Cette dernière a voté contre le projet lors de son étude par le conseil. Elle a fait parvenir aux citoyens une lettre les enjoignant à signer le registre.
Lors d’une consultation menée sur le projet en août dernier, des résidants du secteur ont fait part de préoccupations – problèmes de circulation et de stationnement, hauteur du bâtiment, sécurité des piétons dans cette zone –, des inquiétudes que partage Mme Thiébaut. Le maire Dorais a indiqué que des modifications ont été apportées au projet en regard à ces questions. Il estime que la conseillère a fait un travail de désinformation. Cette dernière a réfuté l’accusation. «Je n’ai pas fait de campagne de peur», a-t-elle dit précisant que les citoyens du secteur s’étaient déjà mobilisés. «Les gens sont assez grand pour se faire une tête», a-t-elle dit. «Si 89 personnes se déplacent pour signer le registre, il y a peut-être des choses à entendre.»
Pour le moment, a rappelé la conseillère, on parle de 2000 emplois hypothétiques. Aucune garantie n’a été fournie par le promoteur sur d’éventuelles entreprises intéressées à s’installer à cet endroit. «On n’a entendu parler de rien», a insisté Mme Thiébaut. «Je ne veux pas que l’on se retrouve avec une coquille vide.»
«Mon souhait, c’est qu’on s’assure qu’il y ait un minimum de qualité de vie dans ce secteur, qu’on s’assure que ça reste vivable», a commenté Sophie Thiébaut, qui désire que l’arrondissement ne donne pas le feu vert aux projets à la pièce dans le secteur de la station Lionel-Groulx mais se livre à un exercice de planification, comme c’est le cas avec le programme particulier d’urbanisme élaboré pour Griffintown. «L’outil de planification, c’est le plan d’urbanisme», a rétorqué Benoit Dorais, soulignant que le projet répond aux objectifs identifiés au Plan d’urbanisme de la Ville pour cette zone. «On parle déjà d’un secteur mixte», a-t-il dit. «La planification est là.»
Pour Véronique Fournier, on est face à un bel exemple de projet s’appuyant sur les principes du Transit Oriented Development (TOD), lesquels conduisent à aménager des quartiers autour de pôles de transports collectifs, des valeurs que prônent pourtant Projet Montréal. «Nous travaillons depuis des années à redévelopper ce secteur, selon les principes TOD», a rappelé Mme Fournier. «Si on ne fait pas de TOD aux abords du métro Lionel-Groulx, on n’en fera nulle part.»
Le projet Archivex est donc sur la glace. L’arrondissement, qui n’envisage pas un référendum dans l’immédiat, entend s’asseoir avec ses partenaires pour étudier la suite des choses, a indiqué Benoit Dorais. «On va voir les meilleurs moyens pour donner toute la bonne information aux citoyens», a-t-il dit.