Le plus récent rapport sur le marché locatif pour la région de Montréal de la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) nous apprend que le taux d’inoccupation est encore sous le seuil d’équilibre dans le Sud-Ouest, que les logements de trois chambres à coucher et plus se font rares et que le coût du loyer des grandes unités est en hausse. Une situation qui inquiète le POPIR-Comité Logement. Face à la pénurie, l’organisme plaide pour la construction de logements sociaux.
Alors que le taux général d’inoccupation était de 1,9% en octobre, il s’établissait à 2,7% un an plus tard. Malgré cette remontée, il est toujours en dessous du seuil d’équilibre de 3%.
Si le taux d’inoccupation pour les logements de 3 chambres et plus était déjà infime il y a un an, se situant à 0,2%, dans son dernier rapport, la SCHL n’est pas en mesure de dénombrer combien de logements de ce type sont vacants. «Il n’y a à peu près plus de grands logements à louer dans le Sud-Ouest, les familles qui viennent au POPIR-Comité Logement ont beaucoup de difficultés à se loger», a commenté Antoine Morneau-Sénéchal, responsable du service aux locataires.
Quant au loyer moyen pour les logements de 3 chambres et plus, il est passé de 747$ il y a un an à 782$, une augmentation de 4,6%. «La rareté des grands logements entraîne une augmentation du coût», a souligné Patricia Viannay du POPIR.
Réserve de terrains
Pour l’organisme, la solution passe par le logement social.
Préoccupés par la spéculation immobilière, ses responsables notent que la construction quasi-exclusive de condos a entraîné une augmentation des coûts des terrains et des coûts de construction par unité d’habitation. Or, font-ils valoir, «pour qu’un développement soit rentable, il faut y construire beaucoup de condos de petite taille», ce qui expliquerait la pénurie de grands logements et les augmentations de loyer qui découlent de ce fait.
«Pour que les familles locataires du Sud-Ouest puissent se loger convenablement, il faut réserver des terrains pour les mettre à l’abri de la spéculation et y développer des logements sociaux», soutient Patricia Viannay.
«Nous croyons que la création d’une réserve de terrains est une des seules solutions viables pour retirer des terrains du marché spéculatif et éventuellement y développer des projets comme des projets de logement social», estime le comité logement.
Lors de la séance du conseil de décembre, l’organisme est d’ailleurs revenu à la charge en réclamant la création d’une telle réserve. Il a rappelé au passage que les élus de l’arrondissement avaient adopté à l’unanimité, en juin 2011, une résolution demandant à la Ville de Montréal «d’adopter une politique d’acquisition et de réservation de sites destinés au développement de nouveaux logements sociaux coopératifs et communautaires». Le Conseil municipal n’a toutefois pas bougé en ce sens. «Je suis toujours favorable à ça», a expliqué le maire de l’arrondissement, Benoit Dorais, également vice-président du comité exécutif et responsable de l’habitation et du logement social. Mais le dossier peut cependant s’avérer difficile à faire avancer ces temps-ci, a-t-il expliqué. La création par la Ville d’une réserve n’est pas gagnée alors «qu’il n’y a aucun parti ou groupes d’individus qui détient la majorité au conseil ou à l’exécutif», a signalé M. Dorais.