Sud-Ouest

Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles : le comité de lutte en santé dénonce les frais illégaux ou abusifs

Témoignages à l’appui, le comité de lutte en santé de la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles a dénoncé la multiplication des frais illégaux ou abusifs réclamés par des médecins en cabinet privé. Il demande au gouvernement du Québec d’intervenir.

Différents cas ont été relatés: 50$ pour ouvrir un dossier, 40$ pour des gouttes lors d’un examen ophtalmologique, 75$ pour un agent anesthésique pour l’ablation d’une tumeur bénigne sur le nez, des cas de colonoscopies ayant coûté 500$ aux usagers d’une clinique. «On est très inquiet de cette situation», a commenté la docteure Camille Gérin, vice-présidente de Médecins québécois pour le régime public (MQRP).

Seuls certains produits – gouttes, vaccins, agents anesthésiques – peuvent être facturés en cabinet privé, a-t-elle précisé soulignant toutefois que des médecins exigent des frais beaucoup plus élevés que leur coût réel.

Le comité de lutte en santé constate et déplore «une situation de tolérance». «La Régie de l’assurance-maladie (RAMQ) ne sanctionne pas les médecins», a soutenu Camille Gérin pour qui cette pratique est «contraire aux principes fondateurs» de l’assurance-maladie qui repose sur des principes de gratuité et d’accessibilité. «On demande à la RAMQ de jouer son rôle de chien de garde», a-t-elle dit. «On demande au ministre de la Santé de s’attaquer au problème.» Pour la Dr Gérin, «ce qui devrait déterminer notre accès, c’est juste notre état de santé, pas notre capacité de payer».

«Ce n’est pas parce que c’est légal que c’est moral», a déclaré Jacques Benoit, coordonnateur de la Coalition solidarité santé. «Quand on est malade, on n’est pas en état de magasiner ou de négocier des soins de santé», a-t-il dit. «La santé, ce n’est pas une occasion d’affaires.»

«Si c’est nécessaire il faut que ce soit couvert», a insisté Alain Chaurette membre du comité de lutte en santé. Pour le comité, tous les soins médicalement requis, incluant l’utilisation des médicaments et des agents anesthésiques en cabinet privé, doivent être couverts par le système public et financés par un système d’impôt progressif.

Selon Luc Leblanc, coordonnateur de la Clinique communautaire «c’est une question de justice sociale, d’équité».

À la RAMQ, on indique avoir adopté au cours des dernières années des mesures pour lutter contre les frais illégaux. Le ministre de la Santé Réjean Hébert a de son côté fait savoir qu’il a demandé à la RAMQ d’être plus diligente et que des modifications règlementaires pourraient être effectuées si nécessaires.

Les patients qui s’estiment lésés peuvent se plaindre auprès de la RAMQ et du Collège des médecins.

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