Pour empêcher Postes Canada de mettre fin à la livraison du courrier à domicile, la Commission sur le développement social et la diversité montréalaise recommande à la Ville et à l’agglomération de Montréal de joindre le recours en Cour fédérale déjà intenté par plusieurs parties contre la société d’État.
Le maire de Montréal, Denis Coderre, s’est montré ouvert à cette recommandation.
Présidée par le maire de l’arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais, la commission a tenu une consultation publique sur la décision de Postes Canada de passer de la livraison du courrier à domicile aux boîtes communautaires. Elle avait pour mandat d’étudier les impacts du changement sur la population.
Afin de réduire ses frais d’exploitation, Postes Canada veut mettre fin à la livraison du courrier d’ici cinq ans pour cinq millions d’adresses au pays.
La commission formule six recommandations. Estimant que Postes Canada «outrepasse ses compétences» en éliminant la livraison du courrier «sans approbation par le Parlement canadien», elle recommande à la Ville et à l’agglomération de déposer une requête en intervention en Cour fédérale afin d’intervenir et se tenir informée du déroulement du dossier dans le cadre du recours entamé notamment par le Syndicat des travailleurs et des travailleurs des postes (STTP).
«Ça va être à l’administration municipale de décider comment elle va agir dans ce dossier», a précisé M. Dorais, rappelant que les élus de Montréal et de l’agglomération se sont prononcés contre la décision de Postes Canada.
Valeur des propriétés
La commission se préoccupe aussi d’une perte de valeur que pourraient subir les propriétés situées près des boîtes postales communautaires extérieures. Elle recommande que la Ville et l’agglomération exigent de Postes Canada une étude sur ce risque.
Autre recommandation: que la Ville et l’agglomération fassent valoir, auprès du gouvernement fédéral et de Postes Canada, les ratés de l’implantation des boîtes communautaires. «Il y a des exemples de municipalités de la couronne Nord et même de l’île de Montréal comme Beaconsfield où il y a eu de sérieux ratés dans l’implantation des boîtes», a déploré Benoit Dorais.
La presque totalité des mémoires – 95% – présentés devant la commission s’objectent à la décision. «Je n’ai pas été étonné des prises de position», a indiqué M. Dorais. Ça va dans le sens des commentaires exprimés par les citoyens depuis l’annonce du changement, a-t-il dit.
Le syndicat satisfait
«On est très satisfait des recommandations», a commenté Alain Duguay, président de la section locale de Montréal du STTP.
«C’est la seule ville au Canada qui a décidé de faire une consultation publique», a-t-il souligné, rappelant que le syndicat demande depuis le début «une vraie consultation publique» à Postes Canada.
Coordonnateur régional de la campagne pour le maintien du service postal, Alain Robitaille estime que les recommandations «vont dans le même diapason de ce qu’on soulève comme problématique».
Recommandations à l’étude
«On va étudier les recommandations», a indiqué Anik Losier, porte-parole de Postes Canada.
«On pense que notre plan d’action va répondre à toute action légale», a-t-elle soutenu.
Postes Canada fait face à une diminution du volume d’envoi de courrier. «Et ça ne va pas s’arrêter», a prédit Mme Losier. «La responsabilité première est d’assurer la survie du service postal.»
En 2015, le changement touchera 1 million d’adresses dans 65 municipalités au pays.
