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Drapeaux musulmans et haut-parleurs bannis au centre islamique de Vaudreuil-Dorion

Drapeaux musulmans et haut-parleurs bannis au centre islamique de Vaudreuil-Dorion
Le centre culturel islamique sera déménagé sur le site de l'ancien bar-restaurant Sunny's, au 2400 de la rue Saint-Antoine. Photo: Daniel Sucar/Métro

Le conseil municipal de Vaudreuil-Dorion a adopté à l’unanimité une résolution interdisant les haut-parleurs extérieurs et les drapeaux de prière au nouveau centre culturel islamique de la ville, ce qui a soulevé la colère de certains habitants.

«C’est totalement inacceptable», a déclaré Essam Osman, un musulman pratiquant qui vit dans la ville depuis plus de cinq ans. «Quel est exactement le mal à avoir un drapeau affiché à l’extérieur d’un centre religieux ?»

Dans un effort pour accueillir la communauté musulmane croissante de la ville, le conseil a approuvé en août dernier, les le projet de déménagement du centre qui prendra la place de l’ancien bar-restaurant Sunny’s. L’actuel centre culturel islamique se trouve dans un bâtiment commercial du boulevard Harwood, mais ses propriétaires cherchent à l’agrandir et à l’installer dans un nouveau local plus grand.

Pour évaluer le soutien du public au projet, le conseil municipal a entrepris un processus de consultation écrite auprès des résidents de la zone où le centre sera situé. Le directeur général Olivier Van Neste indique que l’interdiction de haut-parleurs a été adoptée en réponse aux préoccupations de certains citoyens.

«Nous avons remarqué que certains habitants craignaient que les haut-parleurs soient utilisés comme un appel à la prière», explique M. Van Neste. «Comme les haut-parleurs n’ont pas été explicitement demandés par le groupe qui a soumis le projet, nous n’avons pas vu d’inconvénient à ce qu’ils soient interdits».

Dans certains pays, des haut-parleurs d’extérieur – généralement montés sur de hauts minarets – sont utilisés cinq fois par jour pour l’appel à la prière, parfois dès 4 heures du matin. Certaines mosquées et centres culturels disposent même de haut-parleurs suffisamment puissants pour être entendus jusqu’à cinq kilomètres de distance.

L’installation de ces haut-parleurs a souvent rencontré une opposition dans les communautés où l’Islam est une religion minoritaire, certains pays ayant même carrément interdit leur utilisation.

«Le but des consultations publiques est que, lorsque des préoccupations sont soulevées, nous puissions y répondre», a déclaré M. Van Neste. «Et c’est ce que nous avons fait.»

Islamophobie

Cependant, si Osman comprend la position du Conseil sur les haut-parleurs, il reste peu convaincu de son positionnement concernant les drapeaux de prière.

«Ce drapeau symbolise mon identité »» a-t-il déclaré. «Allons-nous commencer à bannir le drapeau du Québec aussi, ou est-ce que cette motion ne vise que les gens qui pratiquent l’Islam?»

Fady Soliman, résidente de Vaudreuil-Dorion, est du même avis : «Que le conseil municipal s’en rende compte ou non, cette résolution pue l’islamophobie.»

Toutefois, M. Van Neste a souligné que la résolution n’était pas gravée dans le marbre. Bien que les instigateurs du projet ne s’y soient pas opposés, les habitants peuvent exprimer leur désapprobation en signant une pétition pour ouvrir un registre auprès de la municipalité, un premier pas vers un référendum sur le sujet. Dans ce cas, la ville peut finir par annuler la résolution en fonction de la réaction du public.

«Nous voulons nous assurer que le processus démocratique en place est respecté jusqu’au bout »» a-t-il déclaré.

Au moment de la publication de cet article, on ne sait toujours pas quand les travaux de construction du centre islamique commenceront. Toutefois, avant que la construction ne puisse commencer, le conseil municipal doit organiser un changement de zonage, car l’état actuel des lieux ne permet pas la construction d’un centre culturel.

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