Verdun
08:14 7 février 2017 | mise à jour le: 7 février 2017 à 08:14 temps de lecture: 3 minutes

Une prière dans le langage du coeur

Une prière dans le langage du coeur
Photo: Andréanne Moreau/TC Media

Faire connaissance avec l’autre. N’est-ce pas le meilleur moyen de combattre le racisme et de répondre à des actes violents comme l’attentat de Québec? C’est du moins la réponse qu’ont voulu donner la centaine de Verdunois rassemblés au parc du Souvenir pour une vigile ce samedi.

«Il y a de cela presqu’une semaine, un homme a tenté de nous diviser. Mais son geste ne nous a que davantage uni», a prononcé solennellement le maire Jean-François Parenteau.

En voyant à ses côtés non seulement les élus des différents paliers gouvernementaux, mais aussi des représentants des communautés catholique, chrétienne, musulmane et mohawk, force était de constater qu’il disait vrai.

«Quand nous prions, peu importe notre religion, nous parlons le langage du cœur», a résumé le pasteur de l’Église Soutwest United, David Lefnevski, un des instigateurs de l’événement.

Différentes prières ont résonné sur le parvis de la mairie, leur son s’élevant en même temps que la fumée de la sauge qui brûlait, une tradition amérindienne.

Accueil chaleureux
Après la cérémonie, l’imam Ossama Elmougi a ouvert les portes du Centre islamique à toutes les personnes présentes à la vigile afin qu’elles puissent faire connaissance avec les membres de la communauté musulmane.

Petits gâteaux cuisinés, thé et café ont rapidement réchauffé les mains comme les cœurs et le bourdonnement des conversations, rythmé de rires et de cris d’enfants, a envahi le troisième étage du centre.

Ainsi, les communautés se sont mélangées et, partout où on posait le regard, on pouvait apercevoir des gens discuter ensemble.

«Parfois, des événements terribles amènent des moments merveilleux», constate Mahmoud Kamel en regardant autour de lui.

Un soutien apprécié
Pour l’imam Elmougi, la soirée du 29 janvier a été un choc. Arrivé au Canada il y a quatre ans, il avait toujours perçu les Canadiens comme un peuple de paix.

Un soulagement rapide à cette douleur est venu dès le lendemain, avec les paroles des politiciens et les mots laissés par des concitoyens verdunois à la porte du Centre islamique.

«La vigile d’aujourd’hui a rétabli ma première impression, que les citoyens de ce pays sont capables de vivre ensemble, sans haine, terreur ou racisme», confie-t-il.

L’homme de foi souligne du même coup que les victimes, à ses yeux, étaient d’abord et avant tout des Canadiens, qui contribuaient à la nation, et que c’est ainsi que nous devons nous rappeler d’eux.