Île-des-Sœurs
06:00 22 octobre 2020 | mise à jour le: 19 octobre 2020 à 16:18 temps de lecture: 4 minutes

Un jardin communautaire en attendant des logements sociaux

Un jardin communautaire en attendant des logements sociaux
Photo: GracieusetéLe nouveau jardin communautaire situé sur le boulevard Gaétan-Laberge.

Après plus de trois ans de planifications et d’embûches, une partie des terrains destinés aux logements sociaux du boulevard Gaétan-Laberge a été convertie en jardin temporaire. Bien que les premières récoltes aient été abondantes, l’organisme Jardin du Pacifique qui s’en occupe est aux prises avec des voleurs de légumes.

Les premiers jardiniers ont pu semer vers la mi-juillet. Toutefois, dès que la laitue, les tomates ou les baies étaient bien mûres, ceux-ci disparaissaient. Étrangement, le chou kale était moins populaire auprès des délinquants.

«Ce n’était pas les oiseaux parce qu’on les voyait sur caméra, indique Francis Waddell, l’initiateur du projet et cofondateur de Jardin du Pacifique. Il va falloir réfléchir à une solution pour l’an prochain.» Il est déjà prévu que des plaintes à la police seront faites si les voleurs récidivaient.

«L’idée, c’était qu’on va quand même revendiquer les logements sociaux, mais qu’on pourrait faire un jardin éphémère en attendant. Comme ça se fait sur le Plateau ou dans le Sud-Ouest.»

-Francis Waddell.

Projet

L’espace vacant sur le boulevard Gaétan-Laberge près des Habitations communautaires Entre-deux-âges est réservé pour des logements sociaux. Toutefois, cela fait de nombreuses années que le projet est sur la glace en raison des coûts de décontamination qui s’élèvent à environ 20 M$. Les terrains sont sur un ancien dépotoir.

Le site est utilisé pour jardiner jusqu’à ce que les logements soient sur le point de se concrétiser. À ce moment, la construction peut avoir lieu et les jardins auront à être déplacés.

Le processus pour arriver à cultiver des fruits et légumes sur ces espaces a été long. Il y a trois ans et demi, Francis Waddell a réuni des acteurs d’agricultures urbaines, tous motivés pour le projet. La Maison de l’environnement de Verdun a ensuite donné un permis d’occupation, mais il fallait bien plus, comme une entrée d’eau, par exemple.

«Il y a deux étés, le projet tournait en rond, se rappelle M. Waddell. J’ai appelé le conseiller Pierre L’Heureux, puisque c’est son territoire. À partir de ce moment, on peut dire que le projet s’est vraiment encré parce qu’on a eu 50 000$ au Plan triennal d’immobilisations (PTI) 2019-2021.»

L’arrondissement et le Jardin du Pacifique ont travaillé ensemble pour développer le projet. Toutefois, alors qu’un appel d’offres venait tout juste d’être lancé, il a été annulé.

«Dans la classe politique, il en a qui n’était plus d’accord, et ils ont tiré la plug. Je ne sais pas qui était réticent, mais ça ne bougeait pas à l’interne. Un an plus tard, on avait enfin le go avec le 50 000$ initial du PTI», résume le Verdunois.

Finalement, le projet est plus petit qu’imaginé au départ par les citoyens et l’arrondissement. Un parc était prévu ainsi qu’une quarantaine de places pour jardiner, soulève M. Waddell. Or, une douzaine de places sont pour l’instant accessibles. L’organisme L’Ancre des Jeunes s’occupe du tiers des jardins et le reste est géré par sept jardiniers du Jardin du Pacifique.

Des activités instructives sur l’environnement étaient prévues cet été, mais la COVID-19 est venue contrecarrer les plans. À long terme, l’objectif serait d’avoir des jardins éducatifs et peut-être même des poulaillers.

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