Île-des-Sœurs
09:51 20 janvier 2021 | mise à jour le: 20 janvier 2021 à 09:52 temps de lecture: 4 minutes

Patrick Mainville: rester debout pour les musiciens pendant la pandémie

Patrick Mainville: rester debout pour les musiciens pendant la pandémie
Photo: Josie Desmarais / MétroPatrick Mainville est propriétaire du Musicopratik, un studio d'enregistrement et de pratique de musique.

Au-delà de l’activité physique, on peut encore se désennuyer en faisant de la musique, et pas nécessairement à la maison. Musicopratik continue de louer ses studios de musique grâce à des protocoles stricts approuvés par la Santé publique.

Patrick Mainville et son partenaire Philippe Lemay ont fondé l’entreprise de la rue De L’Église en 2005. Les studios d’enregistrement ou de pratique, équipés d’instruments professionnels, sont disponibles pour des locations à l’heure ou au mois autant aux amateurs qu’aux professionnels.

«Le but au départ, c’était vraiment d’avoir un endroit pour les musiciens, par des musiciens», explique M. Mainville, qui oeuvre aussi dans le domaine du cinéma en plus d’être musicien dans une troupe de cirque.

Comme d’autres entrepreneurs, les partenaires ont dû s’adapter à la crise sanitaire. «Au début, je dirais qu’on était dans les plus stricts et ça nous avait un peu affectés, raconte l’homme d’affaires. Au fil du temps, on a gardé cette ligne d’être le plus stricte possible, et ç’a viré à notre avantage. Il y a des gens qui viennent chez nous parce qu’ils savent qu’on va respecter les normes.»

«La musique c’est un passe-temps, mais en même temps pour développer un art […] c’est important de continuer à pratiquer en groupe. Pratiquer à la maison ce n’est pas la même chose.»

-Patrick Mainville

L’établissement possède son protocole personnalisé approuvé par la CNESST. Entre autres, chaque membre d’un groupe doit porter le masque lors des répétitions à l’exception du chanteur. Musicopratik leur suggère de chanter vers le mur pour que les gouttelettes soient projetées dans cette direction.

Dans les studios de musique, des marques au sol indiquent où chaque membre doit se positionner. À la fin de chaque séance, la salle est complètement désinfectée.

Nécessaire

Bien que l’entreprise avait de nouveau le vent dans les voiles, le couvre-feu a chamboulé la situation. «Une grosse partie de notre clientèle pratique le soir. Si les gens finissent de travailler à 17h, il y en a très peu qui vont venir répéter, parce qu’ils doivent partir à 19h30», explique-t-il.

Mais pour le propriétaire, il n’est pas question de fermer boutique même si les temps sont plus durs. «[Les jeunes] ont besoin d’un endroit comme celui-là, ils ont besoin de se retrouver et de s’exprimer. J’ai 46 ans et j’ai encore besoin de me retrouver avec une gang d’amis à créer de la musique et m’améliorer à travers cela», témoigne Patrick Mainville.

Il estime que les effets physiques du virus sont bien visibles, mais que les conséquences sur la santé mentale sont plus insidieuses et persisteront plus longtemps. Le Verdunois a malheureusement connu des musiciens qui se sont enlevé la vie durant la crise.

«On ne connaît pas exactement pour quelle raison, mais on ne peut pas enlever le fait que la pandémie a complètement arrêté leur vie du jour au lendemain. Dans ma tête, si je ferme le Musicopratik, je les laisse tomber. Même si ça coûte cher de rester ouvert, on va trouver une solution», mentionne le musicien, déterminé.

Le Verdunois remarque que durant le confinement, des gens se sont remis à de «vieilles passions». Ils reviennent jouer aux studios de musique. À l’opposé, le propriétaire a aussi été témoin de musiciens qui ont changé de profession parce que la situation économique n’était plus viable. 

Le reconfinement ne décourage pas Patrick Mainville, il est même plutôt optimiste pour l’avenir. Très bientôt, il compte lancer des cours individuels de musique en ligne.

Cet été, il souhaite mettre sur pied une école de musique adressée aux jeunes de 12 à 17 ans. Ayant déjà été professeur de guitare, le Verdunois se croise les doigts pour que cela soit permis. Il croit que cela renforce la confiance en soi des jeunes, et qu’ils apprennent toujours mieux en groupe.

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