Île-des-Sœurs
11:39 10 février 2021 | mise à jour le: 10 février 2021 à 11:39 temps de lecture: 4 minutes

Fabriquer des trousses pour les personnes en situation d’itinérance

Fabriquer des trousses pour les personnes en situation d’itinérance
Photo: Gracieuseté

Le Project weCARE Kits, qui vise à assembler des articles essentiels pour les personnes en situation d’itinérance, gagne en popularité sur les réseaux sociaux. Il a été lancé il y a un peu plus de deux mois par une résidente de Verdun qui souhaite favoriser la discussion entre la société et les personnes plus vulnérables.

La Verdunoise, qui désire garder l’anonymat parce qu’elle souhaite mettre l’accent sur l’équipe avant tout, travaille avec d’autres personnes impliquées dans le groupe Facebook. Celui-ci compte déjà plus de 900 membres. Au départ, la fondatrice a suggéré l’idée dans une classe d’université. À sa grande surprise, le projet a pris rapidement de l’ampleur.

Plusieurs façons s’offrent à ceux qui veulent aider, notamment en donnant des items que l’on retrouve chez soi ou encore en achetant des produits essentiels. «Les care kits, sont de la grandeur d’un grand sac Ziploc, et on y met des articles comme des barres tendres, des mitaines, des boîtes de jus, du thon, toutes des choses qu’une personne sans-abris pourrait avoir besoin de façon régulière», explique la jeune femme.

Le contenu est aussi composé de couvre-visages et une liste des ressources disponibles pour les personnes en situation d’itinérance. Depuis un peu moins de trois mois, approximativement 250 ensembles ont été remis à des personnes dans le besoin.

L’organisation collabore avec le Centre de réadaptation de l’Ouest de Montréal (CROM). Fin janvier, une rencontre a eu lieu au Collège John Abbott où les jeunes du CROM ont préparé plus d’une quarantaine de trousses.

Chaque semaine, lorsque l’assemblage est complété, les organisatrices reçoivent les nouveaux sacs et annoncent sur le groupe Facebook qu’ils sont prêts pour la distribution.

Conversation

Sur leur page, on retrouve un fichier avec des lieux suggérés pour distribuer les ensembles. Les participants inscrivent où ils ont donné les articles et la date de leur passage.

Les trousses sont principalement un moyen de commencer une conversation avec les personnes en situation d’itinérance, souligne la fondatrice du projet. «L’important de ce qu’on fait, c’est aussi de parler aux gens. On prend le temps de connaître leur histoire, de savoir ce qui se passe dans leur vie de tous jours», raconte-t-elle.

Avant de lancer l’initiative, la jeune femme donnait régulièrement de l’argent ou de la nourriture, mais elle prenait rarement le temps de discuter avec eux. Souvent, les passants n’arrivent pas à regarder les sans-abris dans les yeux, remarque la bénévole. «Ce qu’on vise à faire avec le projet c’est de changer la dynamique entre la société et les plus vulnérables», évoque celle qui veut aussi que les tabous tombent autour de ces personnes.

Par ailleurs, il y a plusieurs parents impliqués qui assemblent ou distribuent les ensembles avec leur enfant. «[Ils utilisent l’expérience] pour expliquer ce que c’est que vivre sans abri. De cette façon, ils contribuent à comment leur enfant perçoit les sans-abris et qu’ils comprennent mieux leur situation», témoigne la Verdunoise.

En étant à l’écoute des besoins des personnes vulnérables, les trousses ont pu être améliorées. Des biens utiles ont été ajoutés comme des lampes de poche pour circuler le soir ou repérer leur tente.

Des toiles épaisses en plastique sont aussi particulièrement utiles pour cette population. «On n’y avait pas pensé, mais souvent ils ont des draps et des couvertures, ça devient très mouillé l’hiver», explique la jeune femme.

De plus, ils semblent beaucoup apprécier les petites douceurs comme les chocolats Lindt, note-t-elle.

Pour participer au projet: Project weCARE kits sur Facebook.

3 149

Selon le dernier recensement des sans-abris au Québec, réalisé en 2018, un total de 3149 personnes en situation d’itinérance se trouvaient à Montréal. Toutefois, il y en aurait plus, soit près de 6000 itinérants dans la métropole.

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