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Terrains sportifs au parc Jarry : les papillons monarques avant les joueurs de baseball

Des amateurs de sports de balle sont choqués. Deux terrains de baseball du parc Jarry pourraient disparaître pour devenir une allée d’arbres et d’arbustes.

« Lors d’une consultation publique, on nous a annoncé que nous allions perdre les terrains neuf et dix. À la place, ils vont planter 150 arbres et des arbustes afin d’aider à la reproduction des monarques, qui sont en voie d’extinction. C’est une façon de dire que les papillons sont plus importants que les enfants qui jouent au baseball », affirme Pierre Limoges, président de l’Association de baseball amateur Jarry (ABAJ)

Les deux surfaces de jeux, situées à l’angle de la rue Jarry et du boulevard Saint-Laurent, seraient réaménagées afin de devenir une nouvelle porte d’entrée pour le parc, explique M. Limoges. Toutefois, avec cette disparition, l’ABAJ n’aurait plus que six lieux pour jouer.

« Au départ, nous avions 10 terrains. Nous en avons perdu un pour le soccer et un pour le basketball. Là, on en perdrait deux autres pour les papillons », indique le président.

Les terrains restants ne peuvent pas accueillir toutes les catégories. Les joueurs bantams ne peuvent jouer que sur les terrains 1 et 3. Les surfaces 2, 4, 5 et 6 sont trop petites. Elles ne sont pas clôturées, ce qui en limite leur utilisation. Pour ajouter aux complications des organisateurs, les terrains sont mal entretenus et ils ne sont pas tous équipés de lampadaires.

« Seulement les terrains 1 et 3 sont éclairés. Ce qui fait que je peux seulement organiser un match en soirée pour les autres surfaces. Et lorsqu’il pleut, je dois souvent annuler des parties, car il y a des accumulations d’eau qui se forment dans le sable. Ça peut prendre jusqu’à quatre jours pour que les terrains soient secs », laisse savoir M. Limoges.

Un impact pour Montréal

Depuis maintenant quelques années, le baseball gagne en popularité dans la région métropolitaine. À l’ABAJ, le nombre de joueurs a augmenté de 25 % dans la dernière année.

« J’ai déjà atteint ma capacité maximale pour les joueurs âgés de 4 à 9 ans. Je suis obligé de les faire jouer sur des terrains détériorés, car je manque de place. Si le projet est accepté, ça veut dire que l’association ne pourra plus prospérer et grandir », fait valoir M. Limoges.

La disparition des deux terrains obligera aussi des équipes des Orioles de Montréal, l’élite du baseball montréalais, à trouver d’autres lieux où jouer.

« Cela a un impact majeur, car nous devrons aller jouer à l’extérieur de Montréal. Si on coupe ces terrains, ce n’est pas uniquement les jeunes des clubs qui en feront les frais, mais aussi les adultes des ligues maison et la balle molle. Je suis découragé par le projet. Ça fait mal », soutient le directeur général de l’Association des sports de balle de Montréal (ASBM), Serge Trépanier.

Lorsque Le Progrès Villeray – Parc-Extension a tenté de joindre la Ville-centre à propos du projet, on nous a mentionné qu’il était « prématuré d’en parler puisque le tout n’a pas été présenté au comité exécutif. Il y aura sûrement une annonce officielle si le tout est entériné par les membres du comité exécutif ».

 

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