Dilma Roussef a perdu son poste de présidente du Brésil mercredi dernier après un vote du Sénat en faveur de sa destitution qui a mis fin à un long processus qui durait depuis mai. Son départ a été provoqué par des allégations selon lesquelles elle aurait enfreint des lois fiscales pour camoufler des déficits lors de sa campagne électorale il y a deux ans. L’ancien vice-président Michel Temer prend sa place et poursuivra son mandat, qui prendra fin le 1er janvier 2019.
Métro a interrogé Jimena Blanco, spécialiste de l’Amérique du Sud au sein de la firme de service-conseil stratégique Verisk Maplecroft de Londres, pour tenter de savoir à quoi ressemblera l’avenir du plus grand pays du continent.
Que va-t-il arriver à Dilma Roussef maintenant qu’elle a perdu son poste ?
Mme Roussef sera probablement bannie de toutes fonctions publiques pour huit ans, une peine qui débutera à la fin de son mandat, le 31 décembre 2018. En pratique, elle sera exclue pour les 10 prochaines années, ce qui, en toute logique, mettre fin à sa carrière politique.
Dilma Roussef a été destituée pour des raisons fiscales et non pour corruption. Elle ne devrait donc pas faire face à des accusations criminelles.
Est-ce que le président par intérim Michel Temer est prêt à prendre les rênes du Brésil ?
Temer est un politicien d’expérience, qui a l’une des plus longues carrières au sein de la classe politique brésilienne. En tant qu’excellent négociateur parlementaire, il devrait être en mesure de s’assurer un support solide au Congrès, ce qui lui permettra de faire adopter certaines des réformes structurelles dont le Brésil a besoin pour retrouver une croissance durable.
À quoi ressemblera l’avenir du Brésil après la destitution de sa présidente ?
Ami du monde des affaires, Temer devrait présenter devant le Congrès ses projets de réforme des pensions et des lois du travail lors des deux prochaines années. Il devra toutefois faire face à l’opposition des syndicats, ce qui laisse envisager une augmentation des grèves au cours de la prochaine année.
Quel est l’héritage de Dilma Roussef ?
On pourrait décrire son passage à la présidence comme une opportunité ratée de concrétiser et de pérenniser les efforts de réduction de la pauvreté amorcés par son prédécesseur Lula. La chute du prix des matières premières, la mauvaise gestion des finances publiques et la crise politique ont mis en péril les acquis récents des ménages pauvres. Environ 11 millions de personnes sont présentement sans emploi et des milliers d’autres ont de la difficulté à payer leurs facteurs.
