BEYROUTH — Les représentants de l’opposition syrienne réunis à Riyad, en Arabie saoudite, ont appelé jeudi le gouvernement syrien à entreprendre des négociations directes et sans conditions. L’objectif est d’entreprendre une période de transition et de mettre fin à la guerre civile qui ravage le pays depuis plus de six ans.
L’opposition n’a pas imposé de conditions en vue de sa participation aux négociations à venir aux Nations unies concernant le départ du président Bachar al-Assad, démontrant ainsi une certaine ouverture.
L’enjeu a toujours été un point d’achoppement dans les précédentes rondes de négociations, le sujet accentuant la division parmi les membres d’une opposition déjà fragmentée.
Toutefois, dans la version définitive du communiqué obtenu par l’Associated Press, les représentants de l’opposition soutiennent qu’une transition pacifique et impartiale est impossible sans le départ au préalable du président al-Assad.
Selon l’un des opposants et membre du Conseil national syrien, Ahmed Ramadan, l’opposition a fixé ses objectifs de négociation, mais n’a pas imposé de conditions.
D’après Ahmed Ramadan, les divers groupes d’opposants, dont l’opinion diverge sur le rôle que pourrait jouer le président al-Assad dans la transition, ont trouvé un terrain d’entente. La composition d’une délégation unie chargée d’aller négocier à Genève doit être annoncée plus tard jeudi.
Pour l’opposition, c’est maintenant au tour du gouvernement de démontrer qu’il est sérieux.
«Le message d’aujourd’hui, c’est que l’on a une vision commune au sujet des négociations», a déclaré Ahmed Ramadan depuis Riyad.
Dans son communiqué, l’opposition appelle l’Organisation des Nations unies «par l’entremise de ses délégués, à entreprendre immédiatement les mesures nécessaires pour mettre en marche le processus politique (de transition) en demandant des négociations directes et inconditionnelles», entre l’opposition et le gouvernement.
L’opposition souhaite que les négociations soient basées sur la déclaration de Genève de 2012, qui appelait à la mise en place d’un gouvernement de transition doté de tous les pouvoirs exécutifs et qui peut inclure dans ses rangs des membres du gouvernement syrien actuel.
À la suite d’importantes victoires militaires remportées grâce à ses alliés, la Russie et l’Iran, il semble que le président al-Assad ne renoncera pas facilement au pouvoir malgré six ans de guerre civile, environ 400 000 morts et un pays complètement dévasté.