TEGUCIGALPA, Honduras — Des groupes de policiers ont refusé, mardi, d’appliquer le couvre-feu ordonné par le gouvernement du Honduras pour freiner les manifestations relativement au résultat contesté de l’élection présidentielle du 26 novembre, alors que la crise politique s’aggrave au coeur d’allégations de fraude par le principal rival du président sortant Juan Orlando Hernandez.
Des milliers de personnes sont sorties dans la nuit pour démontrer leur soutien aux policiers en arrêt de travail. Des images à la télévision ont montré des policiers en uniforme dansant avec des voisins et scandant «JOH dehors!», en référence aux initiales de M. Hernandez.
L’enquêteur Jose Garcia a affirmé aux journalistes que les policiers en avaient assez d’«assurer les arrières de la classe politique au détriment de la population», et que les corps policiers étaient constitués d’«êtres humains qui réfléchissent, ressentent les choses et ont des droits».
Le ministre de la Sécurité, Julian Pacheco, a affirmé que les policiers ne faisaient pas respecter le couvre-feu en raison de leur épuisement causé par de longues journées de travail ces trois dernières semaines dans le contexte électoral. Il a promis aux policiers une hausse de salaire en janvier.
M. Hernandez est crédité d’une mince avance, selon les résultats officiels du Tribunal électoral suprême — des résultats présentés comme frauduleux par le candidat de l’opposition Salvador Nasralla, qui refuse de les reconnaître.
M. Nasralla a salué la désobéissance de centaines de policiers des unités spéciales des Cobras et des Tigres à travers le pays, disant qu’il s’agissait de «moments cruciaux pour la démocratie au Honduras».
M. Hernandez a appelé à la «paix, au bon sens, à la fraternité et à l’unité nationale», exhortant ses compatriotes à être patients pendant que les autorités électorales font leur travail.
Le président sortant est crédité de 43 pour cent des voix, contre 41,4 pour cent pour M. Nasralla, selon le site internet du tribunal, après le décompte de 99,98 pour cent des voix. Le président du tribunal a déjà dit que toutes les boîtes avaient été dépouillées, mais n’a pas déclaré de vainqueur.
Les deux principaux rivaux ont revendiqué la victoire.
Le président du tribunal, David Matamoros, a indiqué que l’organisation prolongeait jusqu’à vendredi la période de dépôt de contestation des résultats par les candidats.
«Nous voulons dissiper tous les doutes», a dit M. Matamoros.