Chronique. Barack Obama a vraiment eu la baraka au cours de son premier mandat. La chance sera-t-elle encore au rendez-vous lors du second, qui commence aujourd’hui?
La question se pose, car depuis George Washington, tout locataire de la Maison-Blanche ayant réussi à renouveler son bail finit par être frappé par une «malédiction».
Ces dernières années, George W. Bush a pataugé dans le bourbier irakien et les scandales de Wall Street, sans compter sa gestion calamiteuse de l’ouragan Katrina. Son prédécesseur Bill Clinton s’est démené comme le diable dans l’eau bénite avec l’affaire Monica Lewinsky. Ronald Reagan a vendu son âme conservatrice au «Satan» iranien en lui procurant des armes, et Richard Nixon est mort politiquement avec le Watergate.
Barack Obama, qui prêtéra serment sur la bible d’Abraham Lincoln (assassiné peu après sa réélection), évitera, bien sûr, d’être sur la liste.
S’il n’a pas fait preuve d’audace lors de son premier mandat, il n’a pas trébuché en cours de route. Il joue le conformisme.
Son projet de loi visant à interdire les armes d’assaut n’inquiète pas vraiment la National Rifle Association (NRA), qui y voit un simple coup d’épée dans l’eau.
Libéré de tout souci électoral, Obama pourrait enfin tenir ses premières promesses de fermer la prison de Guantanamo et de faire passer le Dream Act, permettant à deux millions de jeunes sans-papiers de régulariser leur situation. Bon gestionnaire, il cherchera aussi à faire revivre le rêve américain passablement écorné par un taux de chômage, un endettement et un déficit toujours élevés.
Obama a moins de deux ans pour y arriver. Après les législatives de novembre 2014, les républicains pourraient regagner le Sénat et consolider leur majorité au Congrès. Ils seront alors moins divisés et plus butés. Ils feront tout pour avoir un lame duck (canard boiteux) à la Maison-Blanche.
En politique étrangère, les nominations de Chuck Hegel au Pentagone et de John Kerry au secrétariat d’État ferment définitivement le chapitre de la présidence Bush. Les deux modérés, des anciens du Viêtnam, s’étaient opposés dès le début à la guerre en Irak.
Ce pays reste toujours une bombe à retardement, comme d’ailleurs l’Iran et son programme nucléaire, la Syrie de Bachar el-Assad, l’Égypte des Frères musulmans et l’interminable conflit israélo-palestinien, qu’Obama n’a pas abordé de front lors de son premier mandat. Obama II a du pain sur la planche. Avec ou sans la «malédiction du second mandat».
