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L’opposant Kizza Besigye est de nouveau arrêté pendant la présidentielle en Ouganda

Riot police close the gate to the party headquarters of opposition leader Kizza Besigye, before they raided the building in Kampala, Uganda Friday, Feb. 19, 2016. Police in Uganda arrested opposition leader Kizza Besigye at his party's headquarters Friday after heavily armed police surrounded the building and fired tear gas and stun grenades at his supporters who took to the streets. (AP Photo/Ben Curtis) Photo: AP

KAMPALA, Ouganda — Le principal candidat de l’opposition ougandaise a été de nouveau arrêté par les forces de l’ordre, vendredi.

Des policiers lourdement armés avaient précédemment encerclé le siège du parti de Kizza Besigye, pendant qu’un hélicoptère lançait des gaz lacrymogènes dans la foule.

Un porte-parole du Forum pour le changement démocratique de M. Besigye, Semujju Nganda, a dit que le chef du parti a été emmené vers un endroit inconnu. Les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes et des coups de semonce, en plus de lançer des grenades de surpression, a-t-il dit.

M. Besigye, le principal rival du président Yoweri Museveni, présidait une rencontre avec d’autres responsables de sa formation quand il a été arrêté, a dit une autre membre du parti, Ingrid Turinawe, qui a comparé l’intervention policière à une “invasion”.

Après l’arrestation de M. Besigye, des partisans qui se trouvaient à l’intérieur du siège ont rejoint d’autres partisans dans la rue. Des policiers antiémeute leur ont alors lancé des gaz lacrymogènes et ont tiré des coups de semonce avec leurs armes automatiques avant de les pourchasser dans les ruelles et d’en arrêter certains.

Dans les quartiers pauvres du secteur, des résidants ont bloqué les rues avec des barricades enflammées qui ont été rapidement démantelées par les policiers et les soldats.

Des policiers armés ont aussi garé leurs camions près de la résidence de Kampala d’un autre candidat, l’ancien premier ministre Amama Mbabazi. Des manifestants ont érigé des barricades pour bloquer l’autoroute qui mène au seul aéroport international de l’Ouganda. Les forces de l’ordre ont répliqué avec des gaz lacrymogènes et des matraques.

Le directeur régional d’Amnistie internationale, Muthoni Wanyeki, a déclaré que ces opérations policières représentent “une restriction sur les droits d’assemblée et de rassemblement pacifique. Les forces de l’ordre doivent agir avec retenue.”

Le porte-parole du secrétaire général des Nations unies, Stephane Dujarric, a dit que Ban Ki-moon est préoccupé par les informations qui font état de “détentions et de violence”, mais qu’il a confiance que tous les responsables ougandais “verront au respect des droits fondamentaux et de la volonté du peuple de l’Ouganda”.

L’élection présidentielle de jeudi a été entachée de multiples problèmes, surtout dans les secteurs perçus comme étant particulièrement favorables à l’opposition. Le vote se poursuivra vendredi dans 36 bureaux de scrutin de Kampala et du district voisin de Wakiso, où les électeurs n’ont pas pu s’exprimer jeudi.

Le gouvernement a aussi fermé des réseaux sociaux comme Twitter et Facebook. Les Ougandais se sont toutefois tournés vers des réseaux privés virtuels pour contourner le problème.

Mme Turinawe a expliqué que M. Besigye avait créé son propre centre de dépouillement, ce qui lui avait apparemment permis de découvrir que certains résultats annoncés par le régime étaient des “fabrications”. Elle a ensuite souligné que la commission électorale annonce les résultats des bureaux de scrutin plutôt que des districts, comme on s’y attendait.

Les résultats préliminaires dévoilés vendredi accordent une solide avance à M. Museveni — qui est au pouvoir depuis 1986 — face à son rival. Le président sortant obtenait 63 pour cent des votes, contre seulement 33 pour cent pour M. Besigye, après le dépouillement de 47 pour cent des bureaux de scrutin du pays.

Les résultats finaux sont attendus samedi.

M. Besigye avait été brièvement arrêté jeudi dans le quartier de Naguru, à Kampala, où il s’était rendu enquêter sur des allégations de fraude électorale. L’édifice était toutefois géré par les services du renseignement et il a été arrêté pour intrusion.

M. Museveni a pris le pouvoir en 1986 et on lui accorde le crédit pour le retour de la paix et de la croissance économique en Ouganda. Certains craignent toutefois que l’homme de 71 ans n’ait l’intention de gouverner pour toujours. C’est la quatrième fois que M. Besigye se présente contre lui.

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