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Pas en mon nom, svp

Pas en mon nom, svp

Chaque fois qu’il est question d’imposer une interprétation étroite de la laïcité, on prétend qu’interdire à certains employés de l’État de porter des signes religieux favoriserait l’égalité hommes femmes et le respect des minorités sexuelles. En tant que femme, féministe et lesbienne, permettez-moi de me sentir interpellée.

Le calcul semble simple : les religions oppriment les femmes et les minorités sexuelles, il faudrait donc en restreindre les manifestations. S’il n’y a rien de féministe à imposer le voile aux femmes iraniennes, je ne vois pas ce qu’il y a de plus féministe à l’interdire. Entre féministes, on n’est pas toujours d’accord, mais le principe d’autodétermination fait généralement consensus. Les femmes devraient être libres de faire ce qu’elles veulent avec leur corps, et ce choix devrait pouvoir se faire dans un contexte où elles ont plusieurs options.

Or, comment peut-on justifier qu’au nom de l’égalité­ entre les hommes et les femmes, des femmes soient discriminées à l’embauche et d’autres voient leurs perspectives­ professionnelles être limitées. La réponse «elles n’ont qu’à enlever leur voile» n’est pas recevable. Les femmes voilées que je connais ne correspondent pas au stéréotype de la femme soumise que l’on fait généralement circuler, mais admettons qu’il y ait, parmi les femmes qui désirent occuper un poste d’enseignante, des femmes voilées ultra soumises à la volonté de leur mari, comme le veut le cliché. Le résultat est qu’étant ainsi soumises, elles garderont leur voile et seront privées de perspectives professionnelles. Comment cela peut-il favoriser l’égalité de ces femmes? En ce qui a trait aux minorités sexuelles, je comprends que ceux qui ont connu l’oppression de l’Église catholique puissent se méfier des religions.

Le jour où l’opinion publique se retournera contre nous, se réjouira-t-on avec autant de désinvolture qu’une clause nonobstant soit utilisée pour bafouer nos droits?

Mais les temps ont changé. Les droits des minorités sexuelles sont maintenant protégés par les chartes canadienne et québécoise. Cette reconnaissance est précisément attribuable au fait qu’on n’ait pas laissé les décisions nous concernant entre les mains de la majorité.

Ce qui est le plus inquiétant pour les minorités sexuelles, c’est qu’à bafouer les droits d’autres minorités, on effrite le principe même qui nous protège. Le jour où des histoires accablantes auront été montées en épingle par des médias de mauvaise foi à notre égard et que l’opinion publique se retournera contre nous, se réjouira-t-on avec autant de désinvolture qu’une clause nonobstant soit utilisée pour bafouer nos droits?

Une bonne façon de déceler l’instrumentalisation d’une cause est de se pencher sur ce que ceux qui défendent cette cause à longueur d’année en pensent. Or, aucune organisation de défense des minorités sexuelles reconnue n’a demandé de restriction du port de symboles religieux. La Fédération des femmes du Québec s’est prononcée contre le projet de loi 21. Et si le Conseil du statut de la femme n’a pas encore annoncé ses couleurs, les guerres intestines qui se sont livrées autour de cet enjeu au cours des années passées montrent qu’on est loin d’un consensus en faveur de l’interdiction des signes religieux. Chose certaine, en tant que femme, féministe et lesbienne, je refuse qu’on restreigne les droits des
minorités en mon nom.

Commentaires 34

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  • Valérie Blain

    Je comprends votre point de vue et il est tout à fait pertinent.
    Depuis 10 ans, je suis en position d’autorité envers des milliers de femmes que j’aide à grandir et à s’affirmer en étant une ambassadrice du Pole Fitness au Québec et je suis plutôt fière du chemin parcouru. Il va sans dire que je n’aime pas voir les femmes se faire dicter leurs pensées, agissements et habillements par quiconque. Mais l’enjeu ici est plus grand. Pour moi, le voile est un symbole d’asservissement et non de liberté. Les femmes voilées peuvent prendre le temps qu’il leur faut pour s’affranchir, réaliser à quel point elles sont brimées et s’émanciper. Mais il est inconcevable qu’elles le fassent en occupant une position d’autorité. Et ce n’est pas leur rendre service que de leur permettre de le faire sous prétexte d’ouverture, de compassion ou d’équité. Parce que pendant ce temps, devant nos yeux et nos enfants, ce sont leurs pères, frères et maris qui en profiteront en leur servant des « Tu vois, même le Québec nous donne raison. Remets ton voile et tais toi. »
    Voilà le message que ça envoie.

    • Marilyne Vallières

      On part très souvent de la prémisse que le voile est un symbole d’asservissement de la femme, mais avons-nous vraiment pris la peine de poser la question aux musulmanes concernées? Je ne parle pas des femmes voilées ailleurs dans le monde, mais de celles qui ont fait le choix de s’installer ici, au Québec, et qui malgré la liberté que nous leur accordons quant à la religion décident de continuer à porter le voile. Je côtoie des musulmanes voilées et toutes portent le voile de leur plein gré, ce sont des femmes fortes, émancipées, qui décident elles-mêmes de leur propre sort. Pour elles, le voile symbolise l’attachement à leur foi, il fait partie de leur identité, il n’a rien à voir avec un quelconque asservissement. Elles sont très conscientes qu’elles sont égales aux hommes. Je pense que là-dessus, il faut leur faire confiance et ne pas croire automatiquement qu’elles le portent parce qu’elles ont été « brainwashées » par les hommes! Peut-être qu’il faudrait revoir le regard que l’on porte sur le voile musulman (du moins dans le contexte québécois) et se défaire de nos préjugés, au lieu de forcer ces femmes à se plier à notre vision de ce que symbolise le voile…

    • Marc-antoine Desy

      En position d’autorité comme ambassadrice de pôle fitness… Je pense que vous vous donnez un peu trop d’importance… Ce n’est pas une position d’autorité mais bien un pouvoir d’influence ou d’inspiration….

  • GuyTassé

    L’État! L’État (ou pays) est cet instrument qui peut décider d’envoyer les hommes à la guerre. C’est l’instrument qui décide de la légitimité ou non de la peine de mort, du droit d’une femme de recourir à l’avortement, du droit d’une personne de disposer de sa vie. Cet instrument m’impose les idées politiques d’une personne (ou d’un groupe de personnes) et ce pendant quatre ans ou plus. L’État (le parti au pouvoir) décide pour moi de l’importance (économique) de la culture, de la sécurité, de la santé, de l’environnement, du sort des sans-abri etc. Bref, l’État décide pour moi un grand nombre de choses et je suis prêt à accepter cette réalité (nécessaire) du vivre en société. Mais! Mais à une condition et cette condition est non-négociable: c’est le respect de la Charte des droits et libertés. Ce qui n’est pas le cas avec la loi 21. Cette Charte est nécessaire à l’équilibre entre l’État et l’individu. Dans certains domaines intimes et personnels, l’État n’a pas compétence. Je n’en veux pas de cet État qui décide pour moi. Pas question de laisser le bon peuple décider de ma vie. Depuis une semaine le débat n’est plus celui sur la laïcité, c’est celui sur la liberté d’être. Je choisi l’Être avant l’État.
     »Y’en a pas un sur cent pourtant ils existent… les anarchistes! » Léo Ferré.

  • Guy Bélanger

    Merci. Un message sensé et sensible à une époque où on en a fortement besoin ! De faire de la  »laïcité » une autre religion (avec ses croyances, ses préjugés et ses interdits) ne rend pas service à notre société, tout au contraire nous sommes entrain de nous enliser à ce qui s’apparente à une  »guerre » des croyances où seuls les extrêmes en sortiront gagnant. Où est la compréhension ? La compassion ? La volonté d’ouverture et d’accueil ? au lien de ça on s’enferme dans des idées sordides du genre :  »Ici au Québec, cé comme ça qu’on est… » et bien, pas en mon nom !

  • André Boivin

    un gars qui se cache derrière un pseudo et qui fait à la pelle des propos islamophobes est de la gang d extrême droite ! d un musulman

  • Lamine Belbaali

    Bravo pour votre article, il est étonnant qu’on demande l’avis de la majorité sur un droit d’une minorité. Si le Quebec prends ce chemin il n’y aura plus aucun sens à la charte québécoise des droit de l’homme.
    On peut imaginer ce scénario dans un autre pays, mais pas dans un pays qui prétend respecter les droits le l’humains, N’importe quel humain.
    merci

  • Marcel Dufault

    Chère Judith,
    Je n’étais pas d’accord avec le projet de loi jusqu’à ce que la clause grand père y soit annexée.
    Même que, tant qu’à moi, elle devrait continuer de s’appliquer même suite à un transfert ou une promotion.
    Les femmes voilées qui enseignent déjà ne devraient pas faire les frais de ce changement.

    Maintenant, je suis en accord avec les cibles visées par le projet de loi.

    Je me rappelle comment j’étais une éponge au secondaire. Les profs nous parlaient d’indépendance, d’un pays…et je m’abreuvais de leur parole.

    Les femmes du Québec ont été au 1er rang mondial de l’avancement de la cause d’égalité féminine…Est-ce que l’on veut vraiment laisser des femmes voilées sculter les esprits influençables des jeunes Québécois et Québecoises?

    Les jeunes musulmanes qui veulent enseigner pourraient enlever le voile pendant qu’elles enseignent et le remettre après les courts…leur foi les regarde et pourrait facilement rester dans l’espace privé.
    Les doyennes auront leur clause G-P.

    Judith, je suis un fan depuis Tlmep…je ne comprends pas ta position…mais je la respecte.

    Moi, je m’efforce de penser en bon père de famille.

    Les femmes Québécoises ont travaillés forts, les 50 dernières années, pour l’égalité…
    J’ai déjà eu une pensée plutôt macho et j’ai appris à contribuer de façon équitable à la vie de notre famille…
    Je ne peut pas croire une seconde quiconque qui pense que ce voile ne soit pas un symbole de supériorité imposé par l’homme musulman sur ses femmes…
    Ultimement, pour ceux et celles qui cherchent à voir le bienfait d’une nouvelle loi, celui-ci sera de permettre aux jeunes musulmanes de doucement accepter que l’unicité d’une femme, au Québec, ne passe pas par la soumission à de petits hommes rétrogrades et insécures…

  • Pierre Jobin

    Merci pour cet excellent article. Je suis entièrement d’accord : permettre l’érosion des droits et des libertés fondamentales pourraient éventuellement se retourner contre d’autres groupes. L’opinion publique est parfois d’humeur changeante et pas toujours dans le bon sens.

  • Martin Dufresne

    La clarté de vos propos tranche avec l’écran de fumée, les sarcasmes et la lourde ironie des chroniqueurs de Quebecor qui voient leur échapper une crédibilité non méritée. Je connais des musulmanes: certaines portent le foulard, d’autres pas – elles sont compétentes et généreuses, et je suis fier de vivre dans un pays qui leur reconnaît cette liberté.
    Et pour répondre à ceux qui disent ces femmes forcées, pourquoi la loi 21 ne cible-t-elle pas ceux qui imposent le port de tels vêtements, plutôt que celles qu’on dit « victimisées »?

    • Louis Poirier

      Tiens vous avez une excellente idée !!!

  • Eve

    Il semble qu’on doive vous rappeler que les droits et libertés peuvent être limités par des lois comme par exemple la liberté d’expression. La liberté religieuse ne peut et ne doit pas faire exception, on peut parfaitement limiter la manifestation des convictions religieuses au même titre qu’on limite déjà la manifestation des convictions politiques et autres convictions personnelles. Si vous considérez les convictions religieuses comme étant supérieures à toutes les autres convictions personnelles, il faudrait m’expliquer.. En quoi le sont-elles? Porter un signe religieux n’est aucunement un handicap comme certain(e)s tentent désespérément de le faire croire.
    Il serait peut-être temps de réfléchir comme il faut, non? Vous vivez en société et non sur une île déserte, faut-il vous le rappeler? Ce qui veut dire qu’aucune liberté ne peut ni ne doit être considérée comme étant absolue.

    Faut-il aussi vous rappeler que l’État se doit de représenter tous les citoyens avec toute la diversité de convictions personnelles (religieuses, politiques et autres)? Il ne peut donc afficher aucune conviction en particulier. Il est donc normal que l’on exige que les représentants de ce même État fassent la même chose, soit de représenter tous les citoyens et non pas uniquement leur petite personne ni uniquement leurs propres convictions personnelles.
    On doit donc utiliser le citoyen-type, citoyen qui n’a aucune conviction en particulier. Ce citoyen-type peut donc représenter à la fois un croyant, un athée et tous ceux qui se trouvent entre les deux y compris lui-même et ses propres convictions.

    Sérieusement, j’en ai plus qu’assez de la victimite imaginaire et des niaiseries qui reviennent constamment de la part de certaines personnes qui refusent de réfléchir plus loin que leur petit nombril.

    • Pierre Jobin

      Si vous voulez faire des rappels sur des notions de droit, il faut les faire correctement. Ainsi en vertu du droit international :

      Le droit international peut permettre ainsi des restrictions légitimes sur le port de symboles religieux mais de telles restrictions doivent répondre à trois conditions rigoureuses. Elles doivent aussi être le moins importunes possible pour les personnes touchées :

      Elles doivent être prescrites par la loi
      Elles doivent remplir un but précis, légitime et autorisé par le droit international : ordre, santé ou moralité publics, sécurité publique, droits des autres
      Il doit être possible de prouver qu’elles sont nécessaires et proportionnées à la réalisation du but visé.

      En ratifiant à l’unanimité le Pacte international relatif aux droits civiques et politiques, l’assemblée nationale du Québec s’est engagé moralement à respecter ces droits.

      Nos chartes prévoient également que les droits et libertés peuvent être limités, notamment à l’article 9.1 de la charte québécoise : «Les libertés et droits fondamentaux s’exercent dans le respect des valeurs démocratiques, de l’ordre public et du bien-être général des citoyens du Québec.
      La loi peut, à cet égard, en fixer la portée et en aménager l’exercice.»

      Mais ces limites doivent être justifiées aux yeux du droit. Ce qui ne semblent pas être le cas pour le projet de loi 21. Ce n’est pas pour rien que le gouvernement veut invoquer les clauses dérogatoires afin de faire en sorte que cette loi n’ait pas à passer le test de nos tribunaux.

      Comme le soulignait dernièrement Philippe-André Tessier, président de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse récemment nommé par la CAQ, l’utilisation des clauses dérogatoires ne peuvent se faire sous n’importe quel prétexte.

      Bref, si vous invitez madame Lussier à réfléchir comme il faut sur des notions de droit, puis-je vous inviter à faire de même.

      • Louise Boucher

        Merci, Pierre Jobin. C’est parfaitement démontré.
        D’ailleurs, je remarque que la laïcité change de définition d’une personne à l’autre. En fait, le débat sur la laïcité n’a pas eu lieu, il a été remplacé par le débat sur le voile des musulmanes.
        Voilà, que de la démagogie, jamais de pédagogie de la part de nos politiciens. Navrant.

  • Émilien Leclerc

    Non! tu as pas le droit de dicter à n’importe qui comment ils et elles devraient s’habiller pour se présenter à toi… De quel droit tu parles? Personnellement j’aime pas particulièrement voir du monde avec des chandail de loup, mais je prétend pas que c’est mon droit d’exiger qui l’enlève…

    • Louis Poirier

      Wow !! Vous êtes sérieux ?? C’est ça votre argument ?? Vous comparez un voile à « un chandail de loup » !!??

    • Marco Leclerc

      Emilien Leclerc:

      Vous comparez donc un chandail au visage de loup à un symbole d’oppression de la femme pour lequel des femmes meurt et sont emprisonnées/fouettées à chaque jour?

      Peut-être devriez-vous réfléchir un minimum avant de tenter un argument?

  • Anne Guilleaume

    Ces gens qui répondent ont-ils lu l’article ? On ne dirait pas. Ils ne font que répéter leur antienne de « la vue d’un voile m’offusque, j’ai l’doi ».
    Merci, Judith, d’ajouter une corde à mon arc. Je commençais à manque de variété dans mes arguments.

    • Marco Leclerc

      Mme Guilleaume, vous devriez alors apprendre à réfléchir par vous même car si vous reprenez les argument de Mme. Lussier, vous aller vous faire aplatir à chaque débat.

  • Mohammed tremblay siva wong

    …c est quand une loi interdisant les hommes musulmans de la fonction publique ? Si Legaut et ses imbéciles de compagnons cherchent bien dans les caleçons de ces hommes, ils trouveront un signe religieux qui les quittent jamais ….allez les CAQ…A , une lois 22 pour les hommes circoncis…😜😜😜😜

  • Pop

    Misère. Le principe est de laisser son identité religieuse(qui est un choix ) à la maison lorsque vous êtes fonctionnaire en position d’autorités…et vous mélangez tout cela avec identité sexuelle, qui est loin d’être un choix. Ah bin coudonc 🤷‍♂️…

    • Marco leclerc

      Vous avez tout-à-fait raison. Malheureusement ce type de mauvaise analogie confond les cerveaux miséreux.

    • Dominique Huot

      J’aime

  • Marco Leclerc

    S’il y a une chose de positif dans les textes de Judith Lussier, c’est que l’on peut s’en servir à des fins pédagogiques afin de reconnaître ce qu’est un mauvais argument basé sur des sophismes.

    Lussier:
    « Le calcul semble simple : les religions oppriment les femmes et les minorités sexuelles, il faudrait donc en restreindre les manifestations »

    Fausse prémisse. Le principe de la laicité est de placer toutes les croyances sur le même pied d’égalité. La seule façon de la faire est de restreindre leur manifestation dans l’espace public.

    Lussier:
     » S’il n’y a rien de féministe à imposer le voile aux femmes iraniennes, je ne vois pas ce qu’il y a de plus féministe à l’interdire »

    1. Donc, s’il n’y a rien d’humaniste à enchaîner quelqu’un, il n’y a rien d’humaniste à lui enlever ses chaînes?
    2. Vous ignorez sciemment la valeur symbolique du voile islamique. Dans un pays islamique, vous seriez mis-à-mort pour votre homosexualité. Ah! Ignorez, simplement cet argument, c’est tellement islamophobe!

    Lussier:
    « Ce qui est le plus inquiétant pour les minorités sexuelles, c’est qu’à bafouer les droits d’autres minorités, on effrite le principe même qui nous protège. »

    De faire un lien entre la laïcité est les droits des minorités sexuelles s’appelle le sophisme de la mauvaise analogie. L’un n’a absolument rien à voir avec l’autre. C’est un argument qui relève presque de la mauvaise foi.

    Lussier:
    « Chose certaine, en tant que femme, féministe et lesbienne, je refuse qu’on restreigne les droits des
    minorités en mon nom. »

    1. Lorsque l’on vit en société, l’on doit respecter les règles dictées par la majorité sinon, on n’est plus en démocratie.

    2. VOUS n’avez rien à voir dans le débat. Personne ne parle en votre nom et votre phrase révèle un certain égocentrisme. C’est au nom de la majorité que cette loi passera.

    • Gilles Leblanc

      « Fausse prémisse. Le principe de la laicité est de placer toutes les croyances sur le même pied d’égalité. La seule façon de la faire est de restreindre leur manifestation dans l’espace public. » (sophisme)

      « Lussier:
      » S’il n’y a rien de féministe à imposer le voile aux femmes iraniennes, je ne vois pas ce qu’il y a de plus féministe à l’interdire »
      1. Donc, s’il n’y a rien d’humaniste à enchaîner quelqu’un, il n’y a rien d’humaniste à lui enlever ses chaînes? » (Cette dernière phrase, c’est vous qui le dites, ne faites pas dire à Mme Lussier ce qu’elle n’a pas dit. Vous détournez l’attention de l’argument qu’elle présente ensuite, soit l’autodétermination de la femme à décider pour elle. Je me demande bien pourquoi vous n’avez pas relevé.)

      « Lussier:
      « Ce qui est le plus inquiétant pour les minorités sexuelles, c’est qu’à bafouer les droits d’autres minorités, on effrite le principe même qui nous protège. »
      De faire un lien entre la laïcité est les droits des minorités sexuelles s’appelle le sophisme de la mauvaise analogie. L’un n’a absolument rien à voir avec l’autre. C’est un argument qui relève presque de la mauvaise foi. » (C’est vous qui faites cette analogie, Mme Lussier termine justement son article avec : » je refuse qu’on restreigne les droits des minorités en mon nom. » Je comprends qu’il fallait plutôt y voir un appel à réitérer la défense des droits des minorités, ce qui semble inquiéter Mme Lussier dans le présent contexte. Vous croyez que les droits des minorités ne sont pas du tout en péril considérant la façon de faire du gouvernement, notamment avec l’utilisation de la disposition de dérogation ou qu’elle a tort de s’en inquiéter?)

      « 1. Lorsque l’on vit en société, l’on doit respecter les règles dictées par la majorité sinon, on n’est plus en démocratie. » (sophisme)

      « 2. VOUS n’avez rien à voir dans le débat. Personne ne parle en votre nom et votre phrase révèle un certain égocentrisme. C’est au nom de la majorité que cette loi passera. » (C’est VOUS qui décidez qui a à voir dans le débat? Est-ce que VOUS-même avez quelque chose à voir dans le débat? N’est-ce pas VOUS qui avez soulevé la démocratie au point 1, et dans votre démocratie, c’est VOUS qui permettez à quiconque de se sentir interpellé ou non, ou même de nous faire part de son opinion dans un article de journal? Dernière question: selon vous, est-ce que les chartes des droits et libertés ont leur place dans une démocratie?)

  • François Doyon

    Personne ne parle en votre nom Madame Lussier. Par contre vous osez parlez au nom des minorités et des femmes. Vous ne représententez pas, ma communauté Madame Lussier. Vous nuisez à ceux que vous prétendez défendre avec tout vos sophismes.

    • andre boivin

      Nous les musulmans , n avons pas la possibilite et visibilite de cette femme mais je sais que 100% des femmes musulmanes sont en accord avec ses propos .et une grande parti des autres minoritees aussi! alors elle parle EN NOS NOMS , moi je suis de souche et tres au point avec votre point de vue, mais un musulman ou une musulmane ne viendra pas ici pour vous repondre car ils seraient abimer de betises chat echauder craint l eau froide ! mais moi je suis musulman et je parle en leurs noms

      • Marco leclerc

        M.Boivin,

        Vous ne parlez au nom de qui que ce soit, pas plus que vous savez combien de femmes musulmanes sont d’accord avec Lussier.

        Un peu de modestie -et d’intelligence- dans vos propos serait apprécié

  • Liette Chénier

    Je suis entièrement d’accord avec vous. Si les signes religieux les dérangent autant, pourquoi ne pas commencer par ôter le serment sur la bible quand de plus en plus de gens n’y croient pas!

  • Serge Grenier

    Les chartes, c’est des bouts de papier que les croyants peuvent déchirer facilement et sans le moindre état d’âme. En laissant les croyants prendre le haut du pavé, on s’en va sur une pente glissante qui mène directement à l’enfermement dans la doxa religieuse.

    « Chose certaine, en tant que femme, féministe et lesbienne, je refuse qu’on restreigne les droits des
    minorités en mon nom. »

    Si vous continuez de défendre les religions, en tant que femme, féministe et lesbienne, vous allez le regretter amèrement, car les religions vont vous remettre à la place qu’elles ont prévu pour les femmes.

    Quand on disait « vivre le moment présent », ça ne voulait pas dire ignorer l’avenir, ça voulait dire de ne pas être absent, dans la lune, déconnecté de la réalité. La réalité c’est qu’il y a un combat par les forces religieuses de reprendre le contrôle de la situation et ces forces peuvent compter sur les personnes comme vous pour y arriver.

  • Véronique

    C’est exactement le but de la neutralité de l’affichage. Reconnaîre les différences citoyennes et les respecter. Rien ne dit en effet qu’un jugement soit biaisé, avec ou non l’affichage de signes religieux. En fait, ce n’est pas parce qu’on ne les affiche pas qu’on serait pour autant non biaisé. Toutefois, l’État a le devoir de se montrer neutre, inclusif et respectueux de l’ensemble de ses citoyens. C’est pour éviter de heurter les sensibilités que ses représentants en position d’autorité – je réitère en position d’autorité – et non l’ensemble de ceux-ci – doivent garder une certaine réserve, parce qu’ils agissent au nom de l’État. La réserve existe dans le milieu judiciaire comme dans les milieux journalistique, politique, à divers égards… et cela va de soi. Comme Boucar Diouf, je ne peux imaginer M. Bain, ayant fait un attentat contre le PQ, se retrouver devant un juge portant un uniforme à l ‘effigie du PQ; je ne peux non plus imaginer un homme ou une femme de confession musulmane – qu’il ou qu’elle l’affiche ou non – se retrouver devant un juge arborant des signes religieux juifs et se sentir à l’aise. C’est cette dimension qui est primordiale pour l’État. Que chaque citoyen se sente à l’aise et respecté dans les processus judiciaire de l’État. C’est un devoir de réserve déjà normal pour ces employés de l’État; d’ailleurs, les juges portent toujours l’uniforme. Un code d’éthique professionnel est souvent accompagné d’un code d’éthique vestimentaire; dans une position d’autorité, c’est tout à fait la norme. En France, ce dont vous parlez s’étend bien au-delà du projet de loi proposé au Québec. Projet de loi qui, je le répète, n’est pas parfait et donc tout à fait perfectible – mais bien que je n’aie pas voté pour ce parti et que son approche ne soit pas la mienne, je ne suis pas prête à rejeter le principe même de la laicité qu’il défend, dont la base est parfaitement sensée. Néanmoins, la façon expéditive de le présenter et la mauvaise stratégie de communication posent problème. Il faut comprendre que c’est un concept qui vise à protéger les libertés d’allégeances de la majorité citoyenne. Je dirais même que c’est un code implicite qui existe normalement dans les postes de représentation gouvernementale – et qu’il est préférable de le rendre explicite plutôt que de continuer de l’appliquer implicitement sans que les choses ne soient clarifiées pour tous. Quand on accepte de travailler pour l’État, on sait d’avance qu’on a le devoir de représenter l’ensemble des citoyens et donc de ne pas heurter leurs sensibilités. Même en n’étant pas dans la position d’autorité d’un juge, je n’afficherais personnellement jamais mes allégeances… par respect de la majorité que je représente et de ma fonction. C’est une sensibilité qui répond à mes valeurs que celle d’inclure l’autre et de rester ouverte à toutes allégances, en tant que diplomate. La dernière chose que je me permettrais de faire dans mes relations diplomatiques serait d’afficher ou de dire quoi que ce soit qui puisse teinter ma démarche et heurter autrui – du fait que je suis habituée de me mettre au diapason de l’autre et d’épouser sa culture sans imposer la mienne. L’empathie est primordiale quand, à titre de représentant de l’État, on entre en contact avec d’autres cultures ou des minorités, qu’elles soient culturelles, religieuses ou sexuelles. On se place volontairement au niveau de son interlocuteurr afin qu’il se sente à l’aise devant nous. Ainsi, j’adapte naturellement et volontiers mon approche avec un membre d’une communauté autochtone, un Anglais, un Mexicain, un Africain, tout comme avec les personnes de toutes allégeances politiques ou religieuses – mon travail étant de créer une relation respectueuse et ouverte avec l’ensemble d’entre eux – alors d’instinct, je réserve tout ce qui pourrait entrer en interférence avec cette vonlonté – je pense au  »nous » et cela me sert très bien à établir des relations durables de confiance. Ceci étant dit – répétons-le, le projet de loi actuel ne vise même pas les employés de l’état au sens large, mais seulement ses représentants en position d’autorité, ce qui me parait tout à fait normal et sensible vis-à-vis l’autre et le respect de ses libertés. En tant que représentant de l’État, on n’agit pas pour soi uniquement mais pour l’ensemble. On ne peut penser seulement au  »moi »; on a le devoir de penser au  »nous ». Respecter les libertés de l’ensemble passe par cette sensibilité de réserve. Il ne faut jamais oublier que les représentants de l’état sont au service des citoyens, et non l’inverse

  • Guandalina Martin

    Madame Lussier,
    Après la lecture de votre texte, je ne peux rester silencieuse. Alors, voici en quelques points ma réponse arguments.
    Premièrement, je trouve déplorable que vous ayez repris les mots de Madame Leila Lesbet pour titrer votre texte d’opinion et étant donné le ton de texte, nous savons que c’était volontaire. Madame Lesbet a utilisé ces mots lors d’une entrevue cette semaine pour dénoncer Adil Charkaoui et les manifestants qui ont crié dans les rues de Montréal (Allahu akbar), (Dieu est le plus grand) qui sont les mots criés par les islamistes chaque fois qu’ils tuent des innocents!
    Deuxièmement, en parlant du voile comme d’un simple vêtement au lieu d’un symbole, vous banalisez la souffrance de toutes les femmes à travers le monde qui contrairement à vos propos, n’ont pas le choix de le porter et ne peuvent certainement l’accessoiriser! Si votre opinion est que les femmes qui portent le voile au Québec le font en toute liberté et par choix, vous devez ajouter que le choix de ne pas vouloir l’enlever pour pratiquer un métier, démontre une forme de fermeture et radicalisation de leurs parts. Quand on sait que c’est le premier geste posé par les islamistes quand ils prennent possession d’un territoire, on ne peut, si on est honnête intellectuellement effacer cette donnée. De plus, vous semblez oublier qu’un juif devra retirer sa kippa, un sikh son turban…. Pourtant, les seules que vous semblez défendre sont les femmes voilées. La laïcité, ne discrimine personne. Elle défend tous les individus.
    Troisièmement, il m’est difficile de comprendre la corrélation que vous faites entre votre homosexualité et le port du voile. Le fait que vous soyez homosexuelle ne découle pas d’un choix mais de la génétique. Votre homosexualité est qui vous êtes. Je ne pourrais vous demander de ne pas être gai pendant vos heures de travail. Cela, serait de brimer votre droit fondamental d’être qui vous êtes. Par contre, si vous vous présentiez pour un emploi avec un symbole religieux, je serais en droit de vous demander de ne pas l’afficher pendant vos heures de travail. Cela, ne brime en rien votre droit de liberté de religion, ni votre liberté de conscience. Comme une grande juriste du Québec l’a si bien dit : (La foi ne se porte pas, elle s’éprouve.)
    Pour terminer, il est important de mentionner que personne n’est mis de côté avec la laïcité. Bien au contraire, toute personne, indépendamment de sa religion et de son appartenance à toutes croyances, pourra travailler pour l’état et être traité par ses pairs et citoyens avec égalité et équités. Toute personne, qui choisira de ne pas vouloir retirer un symbole religieux pour sa prestation de travail aura fait le choix d’affirmer que Dieu est au-dessus des lois et que pour cela il ne peut respecter les nôtres!

  • Alexandre Joset

    Vous oubliez de faire la différence entre spiritualité et religion.

    S’attaquer à une religion n’est PAS s’attaquer à une minorité. Une religion est un regroupement qui DÉPASSE les frontières. Lorsque les catholiques donnent la dime à la messe, cet argent se retrouve en partie dans les coffres du vatican et d’une organisation mondiale. Il en va de même pour l’islam.

    Selon vous quelle est la différence entre la spiritualité et la religion? Une femme pourrait très bien défendre son droit à sa spiritualité et ceci pourrait inclure le port du voile. Mais à partir du moment où on défend une religion, on inclus TOUTE cette religion.

    Le fait de croire en une partie des dogmes ou des idéologies présentent dans une religion ne fait d’une personne un membre de cette religion, ex: vous pouvez croire en Jesus Christ et le 3/4 de la bible sans pour autant être Chrétien. Vos croyances dérivées de votre foi vous dicterons vos valeurs et vos agissement, mais les votre uniquement! Si un curé vient vous voir et vous blâme de ne pas allez à la messe le dimanche et que vous irez en enfer, celà n’affectera pas vos choix.

    Il n’en est pas de même d’un religieux. Un religieux passera sa religion et priorisera les lois de Dieu avant celle de l’état ou ses valeurs!!!

    S’avouer « religieux » c’est appartenir et soutenir une religion. On ne peut donc pas accepter celà, peu importe sous quelle étiquette vous essayer de le présenter.

    La religion est à la base une atteinte envers les droits individuels! Surtout les religions qui sont « imposées » lors de l’enfance lorsque l’individu n’a pas encore la lucidité ou la possibilité de choisir! Si on y pense bien, le baptème est à la base une infraction aux droits individuels.

    Bref, défendez les minorités si vous voulez. Défendez le droit à la spiritualité. Mais ne défendez pas les religions sous un prétexte de minorité ou de droits individuels…. SVP!

  • Denis Beaulé

    En mon nom non plus.

    Et pas qu’à cause des droits des minorités, non assujetti[e]s aux ‘feelings’ de circonstance d’une majorité, quelle qu’elle soit. Aussi et surtout davantage à cause de pauvres petits enfants sans défense. Imaginez…

    On en est, là, à discourir de grands principes. De droits et libertés des un.e.s vs des autres, d’égalitéS… Or…

    Là n’est pas ‘LE Point’ en ce moment. On a encore des dizaines d’années devant nous pour «s’amuser à placoter» en altitude, abstraitement, à ces propos. Par contre, les enfants qui sont là en attente d’enseignante, le moindrement stable/durable, pour leur enseigner et pour en «prendre soin», comme diraient le nouveau gouvernement et son chef, ne peuvent pas attendre des années ou des décennies, elles et eux.

    Comment se fait-il qu’«on» ne voit pas ‘ça’? Comment se fait-il qu’alors que des compte rendus dramatiques ont été présentés tout récemment témoignant de la détresse de nombreux enfants due à manque criant d’enseignantes suppléantes ou d’enseignante tout court parfois, qu’on ne laisse de s’avérer incapables d’en conclure que quand bien même y aurait-il, encore…, de nouvelles recrues voilées en enseignement au cours des trois ou quatre prochaines années, on n’en mourrait pas; alors qu’à défaut de fournir suffisamment d’enseignantes au milieu pour répondre minimalement aux besoins pressants actuels, ça, oui, ça pourrait (en) faire ‘mourir’ ultimement ou en tout cas faire souffrir, et pas rien qu’un peu, suivant ce qui est rapporté?

    Comment, bref, peut-on, en haut lieu, soit se montrer si insensibles aux souffrances d’enfants ou n’en rien voir? Obnubilé.e.s par le voile?

    Consternant.

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