Houssein Ben-Ameur

La «classe sardine» et le climat

La «classe sardine» et le climat

Je suis un cycliste urbain, je prends mon vélo le plus souvent possible pour aller travailler. J’ai la chance d’habiter à 6 km du boulot, le trajet se fait super bien quand il fait beau et que la température le permet. Mais quelque fois, météo oblige, je n’ai pas le choix de prendre le métro.

À l’instar de milliers de Montréalais, mon trajet en transport en commun à l’heure de pointe inclut un transit par la station Berri-UQAM et quelques stations sur la ligne orange. «La classe sardine», ce n’est pas vraiment la joie, pas du tout. Trop de monde, de plus en plus, d’année en année : 5 % d’augmentation annuelle selon les derniers chiffres de la STM. Ça fait beaucoup de monde, beaucoup trop. Et le prolongement de la ligne bleue, prévu pour 2026, va mettre encore plus de pression sur une ligne orange déjà pas mal saturée.

Il y a quand même de l’espoir. Valérie Plante fait de son mieux avec les pouvoirs et les moyens de la Ville pour trouver des solutions : plus de trains et d’autobus, entre autres. Et le gouvernement du Québec se montre enfin réceptif à cette problématique, du moins en apparence. La visite du ministre des Transports, François Bonnardel, la semaine dernière, et les 5 M$ promis pour étudier et examiner les solutions possibles pour désengorger la ligne orange sont un pas dans la bonne direction. J’ose espérer que ça aboutira rapidement à du concret, pas juste à des solutions cosmétiques. Il en va du bien-être social, économique et environnemental de dizaines de milliers de citoyens.

Il est urgent de trouver une solution à l’engorgement de la ligne orange. Ça devrait aller au-delà de solutions cosmétiques et de beaux rapports vite tablettés. Il en va du bien-être de dizaines de milliers de citoyens.

Le métro de Montréal avait fait entrer notre ville dans la modernité, il est une fierté pour tous les Montréalais. Il est propre, original, beau, pratique et, surtout, écologique. Dans un contexte où la lutte aux dérèglements climatiques, la modernisation et l’extension du transport en commun en général et du métro en particulier font partie de la solution et devraient être au centre des grandes priorités de nos gouvernements. Une ligne rose, pourquoi pas? Un réseau aussi vaste et étendu que celui de Paris ou de Londres, pourquoi pas? J’ai le droit de rêver et je crois qu’avec un peu de volonté et de leadership on en est bien capables.

Luc Ferrandez a raison de nous rappeler qu’il faut absolument «concentrer nos investissements sur des objectifs environnementaux». Prioriser l’investissement dans le transport en commun et le transport actif n’est pas une option, c’est un choix de société. Pendant son conseil général, en fin de semaine, la CAQ a ouvert la porte à des environnementalistes de la première heure. C’est louable. Karel Mayrand, de la fondation Suzuki, leur a transmis un message clair: «l’électrification du parc automobile, le développement des transports collectifs et la sortie des énergies fossiles doivent devenir les priorités de la CAQ». M. Legault était là, il a tout entendu. J’espère que cette fois il a compris.

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