Courrier des lecteurs
06:00 2 août 2016 | mise à jour le: 3 août 2016 à 23:18 temps de lecture: 2 minutes

Courrier des lecteurs du 2 août

La femme selon Juliette…

«La ride véloce, la pesante graisse, le menton triplé, le muscle avachi (…)» Ces paroles sont devenues célèbres grâce à Juliette Gréco. Eh oui, il s’agit de la fameuse chanson Si tu t’imagines, dans laquelle la muse de l’existentialisme décrit sans mettre de gants le corps de la femme vieillissante.

Ces lignes voguent dans ma tête chaque fois que je me présente à la piscine de mon quartier lors du bain libre. Vous savez, ces périodes de baignade où petits et gros «mammifères» marins batifolent tous ensemble. Voilà alors la dame d’un certain âge, dans son Speedo noir à larges bretelles, qui compare son corps flétri à celui impeccable de la jeune naïade de 18 ans en bikini rose fluo.

À une époque où la femme doit être belle 25 heures sur 24, surtout ne jamais vieillir, s’exhiber dans une piscine publique n’est pas toujours évident pour certaines d’entre nous. Sans maquillage, les cheveux tout mouillés, pis encore, coiffée d’un horrible bonnet de bain, on peut parfois se sentir fort vulnérable lorsque des inconnus posent leur regard sur nous…

Eh bien, à l’aube des Jeux de Rio, je dis bravo aux autres sirènes, plus ou moins complexées, qui profitent des bassins de la métropole pour conserver la forme. Quelques-unes s’activent dans le couloir rapide telles d’authentiques athlètes. Tandis que d’autres, comme moi, remuent leur popotin mou dans le couloir réservé aux… n’importe quoi!
Mes salutations s’adressent spécialement aux baigneuses de mon âge – j’ai 51 ans – ainsi qu’à toutes celles qui cumulent un peu plus de millage au compteur…
Non, mesdames, on ne montera jamais sur un podium. Toutefois, on mérite tout de même une médaille… en chocolat!

Martine Lacroix, Montréal