Courrier des lecteurs

Courrier des lecteurs du 10 avril

La grande déception

Je suis déçu de l’électorat, qui n’a pas su prendre ses responsabilités civiques, a refusé de s’informer des véritables enjeux et s’est laissé manipuler par les chefs des partis.

Je suis déçu des générations antérieures qui n’ont pu éveiller l’esprit et la responsabilité civique de leurs enfants et qui ont légué un monde pire que celui dont ils ont hérité.

Je suis déçu des chefs de parti qui ont usé de tactiques sournoises pour manipuler l’électorat, qui n’ont proposé aucune solution prometteuse et qui ont fui les enjeux importants.

Je suis déçu des partis de gauche qui n’ont pas su transmettre leurs convictions et leur responsabilité de manière concise à une plus grande partie de la population.

Je suis déçu des partis de droite qui ont mis les ambitions économiques au-dessus de la responsabilité sociale et qui ont refusé de reconnaître l’urgence des problèmes environnementaux et sociaux qui nous guettent.

Je suis déçu des souverainistes qui continuent de croire qu’un pays souverain est nécessaire pour construire leur monde idéal.

Je suis déçu des fédéralistes qui ont caché leur ignorance des enjeux réels derrière leurs convictions superficielles d’une unité canadienne.

Finalement, je suis déçu de moi-même d’avoir pensé que ma vision des problématiques et des moyens pour les combattre sont partagés par mes concitoyens. Je suis déçu d’avoir espéré que le Québec soit mûr pour le changement et que nous sommes tous sensibles aux véritables problèmes de notre société. Je suis déçu d’avoir cru et de m’être laissé emporter par l’espoir.

Jamais je n’ai été aussi déçu.

Julian Santana

Il faut cesser de blâmer les tiers partis

Cessez de blâmer les tiers partis pour les déboires du Parti québécois! Étant moi-même un ancien péquiste, je suis en mesure de dresser un constat très clair. Le PQ a perdu parce qu’il a accumulé les gaffes, les mauvais calculs, les erreurs stratégiques, et a maintes fois reculé sur ses promesses.

Des exemples? Déclenchement d’élections anticipées malgré la nouvelle loi sur les élections à date fixe, hausse des tarifs d’Hydro-Québec entrant en vigueur durant la campagne (allô? les stratèges du PQ?), dérapages sur la charte, patinage autour du référendum… Il était écrit dans le ciel que les Libéraux agiteraient cet épouvantail.

En plus, des élections durant la période des rapports d’impôt nous ont refait «péter» la maudite taxe santé en pleine face, taxe que le PQ avait justement promis d’abolir en 2012! Et je ne parlerai même pas des projets de pipeline. Le PQ a réussi l’exploit de mécontenter les souverainistes, les fédéralistes, la gauche, la droite, le centre et les écolos; et ensuite, on s’étonne que les électeurs le quittent pour Québec solidaire, la Coalition avenir Québec, Option nationale et le Parti vert, ou s’abstiennent carrément de voter. Si ce parti veut survivre, il devra mettre de côté sa vieille garde grincheuse qui s’est époumonée durant la campagne à attaquer les petits partis, laissant le champ libre à Couillard, et travailler très fort à se rapprocher de la population.

Guillaume Couture