Courrier des lecteurs

Courrier des lecteurs du 4 décembre 2014

Une légende incontournable

J’ai souvenir encore de mes premières années d’adolescence où je m’assoyais avec mon père au salon pour admirer les prouesses de nos deux idoles, Jean Béliveau et Maurice Richard. Mon père admirait la grâce de Béliveau, moi, la détermination du Rocket, qui était déjà en fin de carrière à cette époque.

Aussi, après la retraite de Richard, n’ai-je pas eu de difficulté à me tourner vers l’élégance de Béliveau qui, à la manière de l’artiste sur glace, parvenait à fabriquer des jeux d’une adresse sans pareille. Même si ses longues enjambées donnaient l’impression qu’il ne patinait pas rapidement, j’ai pu constater que la rondelle se transportait avec une précision remarquable sur le bâton de ses coéquipiers.

À mon sens, l’élégance du hockeyeur sur la patinoire de même que sa grande facilité à manier la rondelle demeureront dans les souvenirs impérissables de ses nombreux fans… Jean Béliveau, une légende incontournable dans le monde du hockey qui avait le CH tatoué sur le cœur.

Henri Marineau

Pourquoi un vélo fantôme ?

[Aujourd’hui], nous poserons un vélo blanc sur la rue Wellington, à Montréal, ainsi que nous l’avions fait en août 2013 sur l’avenue du Parc et en mai 2014 sur la rue Saint-Denis. Ces vélos fantômes, comme on les appelle, sont installés sur les lieux où un ou une cycliste a perdu la vie.

Il ne s’agit en aucun cas d’envoyer le message que faire du vélo est dangereux, mais bien d’honorer la mémoire de la victime, d’être solidaire de la famille et de sensibiliser chacun au partage de la route. Dans un monde où s’enchaînent les faits divers et les accidents, le vélo fantôme qui perdure dans l’espace public peut susciter une réflexion durable.

Griffintown, lieu de deux accidents cyclistes mortels depuis 2013, est un de ces nouveaux quartiers du centre-ville où on cherche à attirer des résidants qu’on espère adeptes des transports actifs. Or, notre ville a été conçue pour l’automobile, et l’urbanisme d’aujourd’hui reflète notre incapacité à penser les aménagements urbains de manière inclusive.

En côtoyant le vélo blanc, piétons, cyclistes, automobilistes et camionneurs se questionneront peut-être sur la présence des poids lourds en ville, sur notre tolérance face aux angles morts et sur l’absence de jupettes, ces barres de protection latérale qui empêchent une personne de glisser sous les roues lors d’un impact. Le coroner dira en temps voulu si un tel équipement aurait permis ici d’éviter le pire, mais on sait que le Bureau du coroner a déjà recommandé cette mesure.

Il n’est pas dangereux de faire du vélo à Montréal. En réalité, le nombre d’accidents graves impliquant les cyclistes diminue chaque année. Pourquoi? Avant tout parce que les cyclistes se multiplient, et ce, en toute saison. À cet égard, nous nous réjouissons du maintien de BIXI. Les deux-roues prennent leur place, ce qui rend les automobilistes plus vigilants et amène les autorités à prendre en compte cette réalité pour mieux aménager la ville.

Au-delà des infrastructures, des changements au Code de la sécurité routière et des éternels débats sur le port du casque, les mentalités doivent changer. Nous devons dès maintenant penser aux usagersde la route les plus vulnérables : les piétons et les cyclistes.

Les vélos fantômes incitent à ne pas baisser la garde et à continuer d’agir pour améliorer la situation. Nous avons d’ailleurs une pensée pour les piétons et piétonnes décédés cette année à Montréal, dont plusieurs dans des accidents impliquant des camions, comme dans le cas du décès de Salim Aouadi sur la rue Wellington la semaine dernière. Agir pour les uns, c’est agir pour les autres.

Gabrielle Anctil et Hélène Lefranc, piétonnes, cyclistes XWet automobilistes