Courrier des lecteurs
01:42 2 février 2016 | mise à jour le: 2 février 2016 à 01:42 temps de lecture: 4 minutes

Courrier des lecteurs du 2 février

Cigarette électronique : le jeu du lobby de l’industrie du tabac

Depuis l’adoption récente de la loi 44, la vapoteuse (cigarette électronique, vape, e-cigarette) est devenue un produit du tabac au Québec. On en restreint désormais la publicité, l’affichage en magasin ainsi que la vente; de même qu’il y a interdiction de vapoter à tous les endroits où la cigarette traditionnelle est déjà proscrite.

Une des conséquences les plus fâcheuses de cette loi est que, comme il n’est plus possible d’utiliser de vaporisateur dans les lieux publics, les boutiques et les autres détaillants de cigarettes électroniques et d’e-liquides ne pourront plus faire essayer les saveurs à leur clientèle. Même les liquides sans nicotine sont bannis.

Alors que le gouvernement avait une occasion en or de considérer la vapoteuse comme un formidable bienfait pour la santé publique, voici qu’on a confondu «le remède» avec «le poison», jouant ainsi le jeu du lobby de l’industrie du tabac et celui de l’industrie pharmaceutique.

Faut-il rappeler que les puissantes compagnies de tabac, ces dernières ayant merveilleusement orchestré la campagne de peur et de désinformation envers la vapoteuse, sont ébranlées à l’idée que le commerce de celle-ci mine leur rentabilité; et que l’industrie pharmaceutique, quant à elle, bénéficie notamment de la vente des timbres et des gommes à la nicotine, mais également des médicaments traitant les maladies produites par le tabagisme. Ces deux industries ont tout à gagner à voir l’industrie de la cigarette électronique stigmatisée et marginalisée.

Ajoutons que le gouvernement est lui aussi concerné, puisqu’il devra bientôt compenser les taxes perdues sur la vente de tabac.

Par ailleurs, il est désolant de constater que certains médias participent à la mascarade. À coup de titres pompeux, approximatifs et mensongers tel que : «Les cigarettes électroniques parfois plus cancérigènes que le tabac» et «Cigarette électronique et oxygénothérapie : risque d’incendie et d’explosion», la petite propagande s’opère.

Bien que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, ait vanté les vertus de la cigarette électronique, il demeure que le gouvernement continue de traiter les utilisateurs de vapoteuse en parias, ce qui n’a d’autre conséquence que celle, fâcheuse, de garder les fumeurs loin de la vapoteuse. Il va sans dire que la vapoteuse n’est pas totalement dénuée de risques, mais ses bénéfices sont largement supérieurs aux risques qu’elle peut engendrer. C’est le jour et la nuit si on la compare à la cigarette traditionnelle, cette dernière contenant environ 50 agents carcinogènes. Selon les autorités sanitaires britanniques, la cigarette électronique serait 95 % moins nocive que le tabac.

À l’heure où la Grande-Bretagne engage une lutte antitabagique historique qui l’amène à faire de la cigarette électronique un outil et un levier de premier choix pour lutter contre la dépendance au tabac – en donnant par ailleurs aux médecins généralistes la possibilité de la prescrire, Québec se plie quant à lui aux intérêts des compagnies de tabac, et ce, alors que plus de 10 000 personnes meurent chaque année au Québec d’une maladie associée au tabagisme.

Nous invitons le gouvernement à reconsidérer sa position quant à la vapoteuse, et donc à cesser de l’assimiler maladroitement à du tabac et de lui faire subir une réglementation aussi restrictive que nuisible pour la santé publique. L’encadrement des produits de la cigarette électronique s’avère nécessaire, mais il faut adopter une gestion adaptée de la vapoteuse, soit une gestion qui ne lui accole pas une image négative et qui encourage son utilisation chez les personnes concernées.

Martin Ouellet et Étienne Boudou-Laforce, Valérie Gallant, Vape Classique; François Laroche, Vapureté; Jean-Marcel Picard, Vapoze; Karyn Laverdière, Québec Vape; Dominique Poulin, Vape de l’Est; Emmanuel Vandal, Brume Expérience; Maxime Sincerny, Vapenova; Armand Vadnais, Brume Expérience; Michel Perreault, Fou de la Vape; Marc-André Loupret, Vapeking; Steve Dupuis, Vapetronic; Tristan Robichaud, Savapeur; Jonathan Hallé, Vape Xtreme; Cathie Lévesque, Vape Xtreme