Courrier des lecteurs
01:02 7 juillet 2016 | mise à jour le: 7 juillet 2016 à 01:02 temps de lecture: 3 minutes

Courrier des lecteurs du 7 juillet

Courrier des lecteurs du 7 juillet
Photo: Archives MétroNathalie Normandeau

Le fonds Normandeau

La sympathie montrée par les citoyens impliqués dans l’Association libérale de Bonaventure qui ont mis sur pied un fonds d’aide pour Nathalie Normandeau afin que l’ex-députée de Bonaventure puisse assurer sa défense à son procès irrite plusieurs citoyens de la circonscription.

En ce qui me concerne, je considère comme indécent qu’une telle collecte de fonds soit mise sur pied pour Mme Normandeau, actuellement formellement accusée de corruption, de fraude et de complot par l’Unité permanente anticorruption (UPAC). Des accusations lourdes de conséquences qui pèsent contre elle et qui sont devant les tribunaux.

Nonobstant la présomption d’innocence à laquelle a droit Mme Normandeau, il y a fort à parier que l’UPAC a monté un dossier «dans le béton» avant de procéder à son arrestation. Dans ces circonstances, abstraction faite de la sympathie des citoyens de l’Association libérale de Bonaventure envers l’ex-députée de cette circonscription, je vois difficilement quels motifs ceux-ci peuvent invoquer pour contrecarrer les preuves détenues par l’UPAC.

En bref, je suis d’avis que le fonds d’aide pour Nathalie Normandeau constitue un impair regrettable et une intrusion malsaine dans le processus judiciaire en cours.

Henri Marineau

Pêcheur ou pécheur?

Il semble que le premier ministre Philippe Couillard adore pêcher. Depuis l’Accord de Paris sur le climat, il laisse entendre à qui le veut bien que, personnellement, jamais il n’aurait permis qu’on saccage l’île d’Anticosti comme on s’apprête à le faire.

Bien que le gouvernement Marois ait signé un contrat malheureux, il faut le respecter, dit-il. Les saumons ont beau y être en voie de disparition, un contrat est un contrat.

Québec ne veut pas demander l’avis d’Ottawa parce que le ministère du Développement durable soutient avoir fait le tour de la question. Le même ministère avait aussi fait le tour de la question dans l’affaire de la rainette faux-grillon, cette petite grenouille de Montérégie menacée d’extinction, ce qui n’a pas empêché Ottawa d’intervenir en dernier ressort pour sauver celle-ci des marteaux piqueurs des entrepreneurs en «destruction».

Si Couillard aime tant pêcher, qu’il trouve un moyen de sauver le saumon d’Anticosti et qu’il préserve cette île vierge de tout viol de compagnies profiteuses. Si son gouvernement ne veut pas faire son boulot comme on est en droit de s’y attendre, il faudra bien qu’une autre instance le fasse à sa place avant qu’il soit battu aux prochaines élections. Le temps presse.

Je suis indépendantiste et je me désole qu’Ottawa vienne jouer dans nos plates-bandes, mais il y a des cas où il faut intervenir coûte que coûte. Par la sainte mule du Christ, comme le dit un personnage de Rudyard Kipling, Anticosti est un de ces cas-là.

Sylvio Leblanc