Courrier des lecteurs
01:43 8 juillet 2016 | mise à jour le: 8 juillet 2016 à 01:43 temps de lecture: 3 minutes

Courrier des lecteurs du 8 juillet

Courrier des lecteurs du 8 juillet
Photo: Archives MétroQuebec Finance Minister Carlos Leitao responds to reporters questions on taxi and Uber before entering a party caucus meeting, Tuesday, April 19, 2016 at the legislature in Quebec City. THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot

Gardons le cap

Jeudi dernier, le gouvernement du Québec annonçait avoir réalisé un surplus de 1,7 G$ en 2015-2016. Avant celui-ci, le dernier surplus, un petit 109 M$, remontait à 2006-2007. Le gouvernement a équilibré son budget deux fois et fait six déficits consécutifs. Conséquence : depuis la récession de 2008, 13 G$ supplémentaires se sont ajoutés à la dette publique. Même en retranchant les versements au Fonds des générations, nous nous sommes endettés de 9 G$.

Pourtant, ce premier surplus depuis la récession a été décrié par divers acteurs, notamment dans les milieux sociaux et syndicaux.

Les défenseurs des déficits se réclament souvent de la pensée keynésienne. Pourtant, hors récession, Keynes préconisait de compenser les déficits par des surplus afin d’éviter d’alourdir la dette publique. En pratique, cette contrepartie a été largement ignorée. Aux yeux de certaines parties prenantes, ce n’est jamais le bon moment pour équilibrer les finances.

La Fédération des chambres de commerce du Québec et le réseau des chambres de commerce ont depuis longtemps encouragé les gouvernements successifs à observer plus de rigueur dans la gestion de leurs dépenses budgétaires et fiscales. Nous récoltons aujourd’hui les premiers fruits de cette approche. En juin, deux agences de notation ont rehaussé la cote de crédit du Québec. Nous pouvons maintenant espérer une baisse du coût de nos emprunts collectifs.

Nous constatons que les épouvantails brandis par les adversaires du redressement des finances publiques ne se sont pas avérés. En 2015, il n’y a pas eu de crise sociale, malgré tous les avertissements. La rigueur n’a pas anéanti la croissance économique.

Et maintenant, il faudrait lâcher prise? Non, il faut plutôt poursuivre le travail. Le Québec a encore la dette nette par personne la plus lourde au Canada, ainsi que la plus lourde par rapport au PIB. Nos enfants et petits-enfants méritent qu’on leur laisse la liberté de faire leurs propres choix.

Le redressement des finances publiques est une œuvre de longue haleine. La Commission de révision permanente des programmes (CRPG) a recommandé plusieurs réformes que le gouvernement n’a pas encore engagées. Par exemple, de comparer l’efficience des producteurs de services publics et d’en confier le mandat aux plus performants, peu importe leur statut public ou privé. Un service est public quand il est financé par des taxes et des impôts, peu importe qui le fournit.

La CRPG a aussi mis en doute la pertinence d’avoir une agence québécoise de perception des taxes et des impôts, alors que celle du Canada pourrait s’en charger. Jusqu’à quel point cet énorme appareil bureaucratique (12 000 fonctionnaires) est-il réellement nécessaire pour mettre en œuvre nos politiques économiques et sociales? Les ressources allouées à cet appareil ne seraient-elles pas mieux investies ailleurs?

Pour agir sur les priorités d’aujourd’hui, il faut être capable de reconnaître les structures et les programmes qui correspondent aux priorités du passé, dont certains ont perdu de leur pertinence.

Gardons le cap et persévérons dans le redressement de nos finances publiques.

Stéphane Forget, MBA
Président-directeur général intérimaire Fédération des chambres de commerce du Québec