Courrier des lecteurs
01:18 13 juillet 2016 | mise à jour le: 13 juillet 2016 à 01:18 temps de lecture: 3 minutes

Courrier des lecteurs

Disons non au projet Énergie Est

Dans un texte d’opinion paru dans La Presse+ le 11 juillet, un collectif manifeste son appui au projet d’oléoduc Énergie Est. Ce collectif rassemble des chambres de commerce, un syndicat et des associations industrielles du domaine de la construction et du génie. Vouloir miser sur un grand projet pour créer de l’emploi, c’est légitime, mais encore faut-il choisir son grand projet!

Le texte publié conjugue constats d’ordre général, données hypothétiques, vœux pieux et mensonges.

Je suis d’accord avec les signataires sur certains points, notamment le fait qu’en 2030, 40 % de nos besoins énergétiques seront encore – hélas – comblés par les hydrocarbures. Mais justement, l’ensemble du Québec et du Canada doit travailler à réduire cette dépendance. La construction de l’oléoduc Énergie Est irait à l’encontre de cette volonté.

Comme l’ont montré de multiples études et mémoires, notamment ceux qui ont été présentés aux audiences du BAPE avortées, les retombées économiques d’Énergie Est sont illusoires, alors que les risques environnementaux sont énormes.

Mais l’aspect le plus important – et c’est là que j’appelle le collectif à prendre ses responsabilités –, c’est que le projet Énergie Est est incompatible avec la lutte contre les changements climatiques, que la pétroéconomie est vouée à l’extinction à moyen terme et qu’il est grand temps d’investir argent et savoir-faire dans la transition énergétique. Cette transition ne peut en aucune façon être soutenue par l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels comme ceux extraits des sables bitumineux et du schiste.

Cessez de prétendre qu’Énergie Est permettrait d’«acheter local» : le pétrole qu’il transporterait (et qui serait produit non seulement en Alberta mais aussi aux États-Unis) serait destiné à 90 % à l’exportation, alors que les perspectives des marchés ne sont pas favorables à ce produit coûteux et polluant. Oui, nous aurons encore besoin du pétrole pendant un certain temps, mais les entreprises en achèteront toujours au prix le plus bas du marché.

De plus, la construction d’Énergie Est favoriserait, en amont, l’augmentation de la production de pétrole des sables bitumineux et, en aval, la consommation de pétrole, alors que les scientifiques appellent à une réduction de l’offre d’hydrocarbures.

Vous parlez de développement durable et d’acceptabilité sociale : les citoyens du Québec sont en majorité opposés à l’oléoduc et favorables aux sources d’énergie renouvelables.

Vous parlez de renforcement de l’expertise des travailleurs : à vous de les orienter vers l’économie de l’avenir au lieu de les confiner à des filières sans lendemain.

C’est là votre responsabilité de chefs d’entreprise et de citoyens : au lieu de miser sur des promesses illusoires de contrats juteux à court terme, soyez visionnaires: l’avenir n’est pas dans les hydrocarbures fossiles.

Denise Campillo, Roxton Falls
Membre du regroupement Vigilance Hydrocarbures Québec

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