Courrier des lecteurs
01:17 20 juillet 2016 | mise à jour le: 20 juillet 2016 à 01:17 temps de lecture: 4 minutes

Courrier des lecteurs du 20 juillet

Courrier des lecteurs du 20 juillet

Pokémon Go: attrapez-les tous ou faites-vous tous attraper!

Soyez honnêtes ! Si vous avez téléchargé Pokémon Go, avez-vous lu les conditions d’utilisation? Avez-vous la moindre idée de ce à quoi vous devez consentir afin «de devenir le meilleur dresseur et de découvrir le secret de leur pouvoir»?

En plus de consentir à avoir l’air tout droit sorti d’un film de George Romero, vous consentez à vous départir d’une partie de votre vie privée sur Internet. C’est maintenant le prix à payer. Nous payons l’utilisation de nos logiciels à coups de données de géolocalisation et d’habitudes de navigation, à coups de mouchards et de pixels invisibles, à coups de données d’identifiant et de pages consultées.

D’habitude, les gouvernements doivent brandir le spectre du terrorisme ou toute autre menace pouvant porter atteinte à la sécurité des nations afin de justifier leurs intrusions dans notre vie privée. Dorénavant, ils n’auront qu’à brandir le spectre de la Team Rocket pour arriver à leurs fins. En effet, si nous sommes prêts à nous dépouiller collectivement d’une partie de notre vie privée afin de pouvoir lancer une pokéballe virtuelle et capturer Bulbasaur dans un environnement de « réalité augmentée », nous sommes sûrement prêts à aller beaucoup plus loin lorsqu’il est question de sécurité nationale, n’est-ce pas ?

À quoi sert-il de clamer haut et fort l’importance de notre vie privée quand il suffit d’un seul clic pour accepter des conditions d’utilisation qui nous privent en partie de celle-ci ? À force d’utiliser des pans de notre vie privée comme monnaie d’échange, nous légitimons ce genre de pratique auprès des concepteurs de logiciels.

Que diriez-vous si, comme citoyen, on vous dépouillait du droit de déposer un recours collectif ? Et pourtant, si vous avez téléchargé Pokémon Go, « […] vous renoncez à votre droit de participer à un procès devant jury ou en tant que demandeur ou participant à toute plainte collective ou procédure représentative».

Jusqu’où les concepteurs et distributeurs de logiciels iront-ils dans leur soif de collecte de données et de clauses contraignantes ? Eh bien, jusqu’où nous leur permettrons d’aller. Au bout du compte, le choix d’accepter ou non ce genre de pratique nous revient. Lorsque les gens auront perdu tout type de vie privée sur Internet, peut-être se rendront-ils compte du véritable coût de leur laisser-aller. Peut-être seront-ils trop occupés à courir après un pokémon rare pour se rendre compte de ce qu’ils auront perdu.

Sébastien Croteau

Trump a toute une pente à remonter

Avant-hier, lors de la première journée de la convention du Parti républicain, qui doit consacrer Donald Trump candidat à la présidentielle américaine, des voix se sont élevées pour manifester leur opposition à la candidature de ce milliardaire, reflet fidèle du parcours pour le moins cahoteux de Donald Trump au cours des primaires.

Aux yeux du président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, Donald Trump devra «en faire plus pour unifier le parti et ensuite séduire tous les Américains, quelles que soient leurs origines, et une majorité d’indépendants» s’il désire obtenir leur soutien. Un défi qui semble à des lieues d’être réalisé.

De leur côté, George W. Bush et son père, George H. W. Bush, qui avait pourtant soutenu chaque candidat républicain lors des cinq dernières présidentielles, ont refusé de se rallier derrière Donald Trump. Quant au mouvement «NeverTrump», il a annoncé qu’il continuera à se mobiliser, notamment pour aider les candidats républicains au Congrès qui souhaiteraient se distinguer du milliardaire dans l’esprit des électeurs.

La séduisante épouse de Donald Trump, Melania, aura beau présenter son mari comme un homme loyal, un bon père de famille et un homme qui «fait avancer les choses» et qui a bâti «un mouvement qui gagne en force», le candidat républicain a toute une pente à remonter s’il désire offrir aux membres du Parti qu’il représente l’image d’une tête d’affiche «présidentielle».

Henri Marineau