Courrier des lecteurs
01:00 21 juillet 2016 | mise à jour le: 21 juillet 2016 à 01:00 temps de lecture: 3 minutes

Courrier des lecteurs du 21 juillet

À la défense d’Anticosti

Je suis de tout cœur et d’âme avec les Innus d’Ekuanitshit dans leurs demandes d’injonction permanente et provisoire à propos des trois forages avec fracturation que le gouvernement du Québec a accordés à Hydrocarbures Anticosti. Les Innus de la Côte-Nord et les municipalités se sont unis au chef du Conseil des Innus, Jean-Charles Piétacho, pour tenter d’empêcher une gaffe monumentale.

Encore du n’importe quoi de la part du ministre de l’Environnement, David Heurtel, et du premier ministre, Philippe Couillard. Qui, il y a quelques mois, disait vouloir préserver ce joyau qu’est l’île d’Anticosti. Ce que ce gouvernement ne comprend pas, c’est qu’il n’y a pas d’acceptabilité sociale à extraire un pseudo-pétrole mêlé à du gaz pour supposément nous rapporter de la richesse. De quelle richesse parle-t-on ici? Vider de belles rivières pleines de saumons afin d’utiliser l’eau pour des forages. Ceux-ci demandent des quantités industrielles d’eau qui doit être injectée en profondeur dans le sol de l’île mêleé toujours avec des produits chimiques, et on la rejettera tout simplement dans le fleuve Saint-Laurent pour rejoindre la mer. Un petit peu plus de pollution, ce n’est pas les bien nantis de la planète (1 %) qui la boive de toute façon.

Les Amérindiens sont les gardiens de notre mère Terre. Ils étaient là, respectueux de leur environnement, en équilibre avec leur milieu. Jusqu’à ce qu’arrive Jacques Cartier. Les Blancs venus d’Europe cherchaient, on le sait, les Indes. Ils sont venus d’abord pour prendre des richesses; des fourrures pour commencer. Un de mes propres ancêtres paternels faisait du troc et des échanges commerciaux avec ceux qu’on appelait les «peaux rouges». Il a quand même appris la langue huronne et il comprenait les Iroquois. Maintenant, c’est tout le Québec que l’on s’est arrogé. Il y a eu la période des grands barrages pour l’hydroélectricité (Baie-James, La Grande, etc.), et pour ce qui est de la forêt boréale, disons qu’elle appartient aux compagnies comme Résolu, qui vont faire des coupes à blanc jusqu’aux montagnes Blanches, plus au nord.

En un mot, je suis dégoûtée de voir la façon dont les Québécois exploitent le territoire. Se rendre malade pour aller chercher du foutu or noir. Menacer l’or bleu qui est le véritable trésor (eau potable, aquifère, ruisseaux, rivières…). On ne peut pas boire de pétrole! Qu’on se le dise. Et quand j’entends et lis dans les médias que les chambres de commerce se prononcent pour les forages à Anticosti, eh bien je réalise qu’elles ne sont pas à peu près déconnectées. Malheureusement, un proverbe anglais dit : «Money talks» (l’argent parle). Heureusement qu’il y a encore des écologistes, des environnementalistes et des gens dans la population qui ne sont pas totalement abrutis par les discours du gouvernement. Cessons de se faire bêtifier par les annonces de millions, de menaces de procès que pourraient faire les compagnies pétrolières installées là par opportunisme. Que ce pitoyable gouvernement libéral mette pour une fois ses culottes dans ce dossier!
Lucie Suzanne Messier, étudiante en Ressources énergétiques durables à l’UQAM