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Les éducatrices ne sont pas des gardiennes

Les éducatrices ne sont pas des gardiennes
Photo: Métro

Les perspectives d’emploi sont favorables pour les éducatrices à la petite enfance. Voilà certainement un métier où il est possible de faire une énorme différence.

Cette semaine a lieu la Semaine des services de garde du Québec, qui est placée cette année sous le thème Mon monde est un jeu d’enfant. La Fédération des intervenants en petite enfance du Québec en a profité pour nous rappeler l’importance du travail des éducatrices à la petite enfance, dont le rôle est de favoriser le développement des enfants d’âge préscolaire.

Les preuves s’accumulent qu’une bonne éducation préscolaire favorise grandement le succès ultérieur à l’école. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le gouvernement Marois désire offrir la maternelle à tous les enfants de quatre ans des milieux défavorisés. Comme on le sait, ce sont plus souvent qu’autrement ces jeunes qui commencent l’école sans des acquis sociaux ou cognitifs suffisants, qui accumuleront des retards et qui décrochent plus tard.

De plus, une étude récente de la Société royale canadienne, sous la direction de Michel Boivin de l’Université Laval, montre que les enfants qui ont subi de mauvais traitements ou de la négligence durant la petite enfance souffrent plus souvent que les autres de problèmes de santé psychologique : dépression, anxiété, toxicomanie, etc.  Ces problèmes contribuent eux aussi au décrochage scolaire et continuent d’affliger ces jeunes jusqu’à l’âge adulte. Les travaux du professeur Boivin suggèrent que des interventions précoces auprès des enfants et de leur famille permettraient d’éviter une multitude de difficultés plus tard.

Lorsqu’on sait tout cela, on se demande pourquoi le métier d’éducatrice à la petite enfance obtient si peu de considération. Les éducatrices interviennent pourtant à un moment tout à fait critique du développement des enfants, et la qualité de leurs interventions peut faire une grande différence dans la vie des jeunes. Néanmoins, on les appelle encore des «gardiennes», comme si leur travail consistait simplement à surveiller les enfants et à les tenir occupés. Comme société, nous n’apprécions pas suffisamment l’importance des premières années dans le développement harmonieux de la personne, et il nous est donc facile de discréditer leur travail.

Selon Emploi Québec, les perspectives d’emploi sont favorables pour les éducatrices à la petite enfance presque partout au Québec. Pas moins de 28 établissements offrent la formation nécessaire, soit le DEC ou l’AEC en éducation à l’enfance. Il s’agit donc d’un métier intéressant pour ceux et celles qui souhaitent travailler auprès des enfants et qui ont le goût de faire une différence dans leur vie.

Bien que plusieurs services de garde proposent déjà une approche éducative très intéressante, il existe maintenant un intérêt grandissant pour leur amélioration, qui conduira sans doute à bien des innovations. Le travail d’éducatrice en deviendra probablement plus exigeant, mais aussi plus valorisant.

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