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Les élèves ontariens réussissent-ils mieux que ceux du Québec?

Les élèves ontariens réussissent-ils mieux que ceux du Québec?
Photo: Métro

L’Ontario a mené vers la réussite un nombre grandissant de ses élèves au cours des 10 dernières années. Mais de quelle réussite est-il question?

Au cours des 10 dernières années, l’Ontario a réussi à faire passer le taux d’obtention du diplôme d’études secondaires de ses jeunes citoyens de 68% à 84%. Aujourd’hui, au Québec, le même taux n’est que de 71%.

Ce sont là des faits rapportés dans un reportage de Daphnée Dion-Viens, paru récemment dans Le Journal de Montréal. Il semble que l’Ontario ait mis en place depuis 2003 une recette qui fonctionne et qui a fait de son système d’éducation un des 20 meilleurs au monde, selon la firme McKinsey.

Cette recette, selon le reportage, consiste en une série de mesures dont le Québec pourrait s’inspirer. Ainsi, toutes les écoles secondaires ontariennes possèdent une équipe d’intervention auprès des jeunes à risque de décrochage, qui aide ceux-ci à rattraper leur retard. Les élèves ne peuvent quitter l’école avant l’âge de 18 ans, à moins d’avoir obtenu un diplôme, alors qu’au Québec, un jeune de 16 ans sans diplôme peut facilement quitter l’école. Si un jeune Ontarien décroche sans diplôme, un travailleur social lui est assigné. Les autres mesures incluent l’apprentissage précoce de la lecture, l’ajout de stages en entreprise au secondaire et un programme de formation continue pour les enseignants.

Les résultats obtenus par les Ontariens sont tout à fait encourageants, et leur recette mérite qu’on s’y attarde. Mais un autre reportage tout récent, paru cette fois dans le magazine Affaires universitaires, montre que tout n’est pas parfait chez nos voisins ontariens. Selon le professeur Alan Slavin, de l’Université Trent, ces mêmes élèves qui avaient si bien réussi au secondaire ont pourtant de sérieuses difficultés une fois à l’université. En effet, les taux d’échec et d’abandon des étudiants universitaires de première année ont fortement augmenté au cours des 10 dernières années, particulièrement dans les cours de physique et de mathématiques. La plupart des professeurs interrogés par M. Slavin remarquent que la préparation des nouveaux étudiants à ces études est souvent déficiente.

Toujours selon le professeur, les jeunes étudiants n’ont pas acquis les habiletés conceptuelles essentielles à la réussite de ces cours, dont le raisonnement, l’analyse et la synthèse. Au lieu d’enseigner ces habiletés, l’école secondaire ontarienne a mis l’accent sur la mémorisation de faits depuis la fin des années 1990. Les étudiants sont donc désemparés lorsqu’ils doivent soudainement utiliser ces habiletés dans un cours universitaire. Ils ne savent que restituer les faits qu’on leur a transmis et sont incapables de les intégrer dans une démarche plus complexe.

Malheureusement, un jeune du secondaire qui, pour obtenir son diplôme, répète comme un perroquet des faits entendus en classe semblera sur la voie du succès, aux yeux de ses professeurs et de ses parents. Mais cette réussite est un leurre. Un jeune diplômé qui ne peut que restituer de l’information, plutôt que de la raisonner, ne réussira ni à l’université ni sur le marché du travail du XXIe siècle.