Culture

GLOW, la force de la télé au féminin

GLOW, la force de la télé au féminin
Photo: NetflixGLOW, saison 2

Après l’explosion de la première saison sur Netflix, c’est sans surprise qu’on annonçait une suite pour la série GLOW librement inspirée par les aventures télévisuelles des Gorgeous Ladies of Wrestling des années 80.

Alors que la première saison plaçait les assises de ce récit avec les différentes aspirantes lutteuses et l’environnement macho qui les entoure, la deuxième ne perd pas de temps à rapidement installer une navigation en eau trouble pour ce groupe de femmes qui, avec la production d’une émission de télé, découvriront les bassesses d’un milieu qui résument bien la réalité de l’époque.

On se rappelle qu’à la fin de la première saison, le groupe de lutteuses avait été en mesure de présenter un premier spectacle et d’assembler un premier pilote pour la télévision. La quête initiale du récit était, essentiellement, atteinte. Restait alors à développer l’humanité dernière et, surtout, les nuances.

C’est la force de cette deuxième saison.

Au-delà des clichés de leurs personnages à l’intérieur des câbles, on nous présente un groupe fort de femmes. Elles doivent s’arranger avec les moyens du bord, le manque de respect et une structure machiste qui les considère à peine. Malgré tout cela, elles se serrent les coudes et c’est dans ces moments que GLOW trouve toute sa pertinence. On pousse les limite et on bouscule les vieilles mentalités, quelque chose qui forcément résonne en 2018 avec les mouvements #MeToo et #TimesUp.

Le point de vue est essentiellement féminin, tout comme les enjeux. Ça fait du bien et ce n’est pas forcément revendicateur pour autant. C’est juste une autre façon de raconter les histoires, une façon moins commune parce que comme l’exprime la série, la télévision est pensée et produite par des hommes. Alors on peut mettre l’emphase sur des femmes qui veulent tout bonnement avoir leur juste part, une revendication pourtant simple qu’on balaie du revers de la main trop souvent.

Le récit recoupe la réalité et, on l’espère, la réalité pourrait recouper le récit.

Surveillez le développement du personnage joué par Betty Gilpin dans cette deuxième saison. Il y a de belles nuances dans son jeu, contrairement à la Liberty Belle qu’elle interprète dans l’arène. C’est vraiment une belle dynamique d’ailleurs d’opposer les caricatures du ring aux sentiments complexes de ces femmes.

À voir si la première saison vous a charmé, évidemment, mais aussi si vous voulez quelque chose d’un brin différent. Ne laissez pas la lutte vous freiner, ce n’est qu’un prétexte dans le récit. Cette deuxième saison le développe très bien.

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