La Milléniale

Les enfants gâtés qui s’indignent pour rien

Les enfants gâtés qui s’indignent pour rien

J’ai vu apparaître l’émoji qui pleure de rire à plusieurs reprises sur les sites de nouvelles. J’ai lu des commentaires du genre : « Ils sont toujours en train de chialer! Les jeunes d’aujourd’hui s’indignent vraiment pour n’importe quoi. »

Eh bien, chers petits enfants gâtés qui chialez pour rien, nous sommes des milliers de Québécois à vous lever notre chapeau. Nous sommes des milliers de Québécois fiers de vous et de votre indignation.

Vos grands-parents et parfois même vos parents n’ont pas eu la chance d’exprimer leur opinion quand ils avaient votre âge et qu’ils étaient en désaccord avec ce qu’on leur imposait, mais ils auraient aimé pouvoir le faire. C’est bien dommage que certains d’entre eux vous critiquent aujourd’hui, alors que vous pouvez enfin profiter de la liberté dont ils ont eux-mêmes rêvé.

Vous avez remis en question ce que le ministère de l’Éducation vous a demandé de faire pour obtenir votre diplôme. Vous ne vous êtes pas indignés parce que vous trouviez l’examen trop difficile et que vous étiez trop paresseux pour vous y préparer, au contraire, vous l’avez fait parce que vous étiez prêts et que vous étiez informés. Vous l’avez fait parce que vous êtes proactifs, que vous avez des valeurs, que vous avez notre planète à cœur. Vous avez fait vos devoirs.

On vous a demandé « Peut-on s’adapter aux changements climatiques? » mais vous n’êtes pas cons. Vous savez qu’il faut s’y attaquer, qu’il faut les prendre au sérieux, qu’il faut les freiner, pas simplement s’y adapter.

Vous vous êtes rassemblés sur les réseaux sociaux. Vous avez partagé vos arguments, vous avez débattu, vous avez échangé avec intelligence et maturité. (Vous avez aussi glissé deux ou trois mèmes à travers tout ça, parce qu’il faut bien rire un peu des fois!) Vous avez aidé votre porte-parole à regrouper ses idées, vous l’avez encouragé à s’exprimer dans les médias avec le même sérieux qui alimente votre démarche.

J’étais loin d’être éveillée et impliquée comme vous l’êtes, en secondaire 5. Vous m’impressionnez. Alors, chers petits enfants gâtés qui chialez pour rien, nous sommes des milliers de Québécois à vous remercier et à vous demander de continuer. On va vous suivre.