La Milléniale

Pis, la shape de plage?

Pis, la shape de plage?

J’ai encore failli tomber dans le panneau. L’été arrive, je pars en vacances à la plage dans un mois et mon cerveau me joue toujours le même tour quand il sait que je devrai bientôt me mettre en maillot : il me dit que ce serait un bon moment pour arrêter de manger du dessert et pour limiter un peu les portions. Pas un régime super intense là, juste couper un peu dans le superflu et être assidue au gym pour me sentir plus confiante dans mon bikini, tsé…

Mais c’est de la bullshit, je le sais.

Je sais que mon bien-être et ma confiance en moi n’ont aucun lien avec le fait d’avoir quatre, cinq ou dix livres en moins.

Maudit cerveau. Je le fais taire et je continue de vivre. N’empêche, il me fait le même coup au moins deux fois par année : après le temps des Fêtes et juste avant l’été. Et à chaque fois, je passe dangereusement près de le laisser gagner. Mais il ne faut pas que je fasse l’erreur de retomber là-dedans.

La fois où c’est arrivé, je suis restée piégée presque deux ans. Piégée dans l’obsession des valeurs nutritionnelles, piégée dans l’obligation de dépenser plus de calories que j’en ingérais, piégée dans la comparaison des photos avant-après… tout en réussissant à me convaincre que j’y prenais plaisir et que j’étais en santé. Je n’avais jamais été si proche de l’idée que je me faisais d’une shape de plage. Les félicitations me donnaient une fausse illusion de confiance en moi, mais la vérité c’est que je n’aurais jamais été satisfaite de ma transformation, parce que le travail ne devait pas se faire sur mon corps mais bien dans ma tête.

Ma shape de plage, je l’avais déjà avant tout ça. Je l’ai à l’année, l’hiver comme l’été. Je l’ai dans mon maillot une pièce XL, je l’ai dans mon top de bikini XXL et dans mes shorts taille 12.

Je suis belle comme ça, sans effort, parce que moi je me trouve belle et c’est tout ce qui compte. J’ai compris ça il y a quelques années déjà, mais c’est une lutte constante parce que chaque été amène le même vent d’insécurité. Parfois, le doute s’envole rapidement, juste parce que c’est une bonne journée et qu’un hairflip dans le miroir suffit pour me rappeler que je n’ai rien besoin de changer. Parfois, je dois me parler, je dois me rappeler le chemin parcouru depuis le mal-être que j’ai vécu quand j’ai laissé l’insécurité prendre le dessus.

Puis je me rappelle que ma shape est parfaite comme elle est. Pis toi, ta shape de plage? J’espère que tu vas la montrer fièrement cet été, parce qu’elle aussi, elle est parfaite comme elle est.