Houssein Ben-Ameur

Hollywood et les minorités

Hollywood et les minorités
Photo: Collaboration spéciale

Les Fêtes sont finies, retour à la normale, métro, boulot, tout ça. Ça me fait beaucoup de bien ces vacances de fin d’année, c’est l’occasion de me ressourcer et de fêter en famille et entre amis, manger, boire, lire, me détendre, et voir des films, beaucoup de films.

En parlant de films, avez-vous remarqué combien le cinéma américain a évolué depuis quelque temps? Hollywood est le reflet des mutations sociales et des transformations rapides qui secouent notre monde. Prenez Spider-Man: Dans le spider-verse: c’est un film d’animation original, intelligent et superbement bien fait. Dans ce film, le nouvel homme-araignée de Marvel, un des superhéros les plus adulés des jeunes garçons, est un métis aux origines africaines et latino-américaines. Le personnage serait inspiré, dit-on, de Barack Obama. Ses origines multiculturelles serviraient de subterfuge marketing visant à attirer une nouvelle clientèle. C’est plausible, mais je ne peux m’empêcher d’y voir un signe des temps: les minorités longtemps stéréotypées et marginalisées sont en train de prendre la place qui leur est due dans la société, en politique, dans les entreprises, dans les médias, dans le monde du divertissement, et même dans la liste très sélecte des superhéros.

Le film Black Panther a été un énorme succès planétaire. La série Black Lightning va possiblement avoir une troisième saison sur Netflix… De plus en plus de séries télé confient le rôle principal à des acteurs issus des minorités culturelles et visibles, comme l’Indienne Priyanka Chopra dans Quantico et l’excellent Rami Malek, acteur d’origine égyptienne, dans Mr. Robot.

En outre, Hollywood ne craint plus de nous présenter des films de science-fiction-horreur à grand budget, tel Annihilation, où il n’y a quasiment pas de personnages masculins. De la vraie science-fiction féministe avec tous les ingrédients classiques du genre: de la pseudoscience, de gros guns, du sang, et des extraterrestres… On n’a pas vu ça depuis Alien. Sans oublier les trilogies jeunesse, Hunger Games et Divergeant, qui nous présentent les histoires de personnages féminins forts et très inspirants.

Hollywood change. Oui, il y a encore beaucoup de chemin à faire: le mouvement #OscarsSoWhite (Oscars si blancs) d’il y a à peine deux ans est toujours d’actualité. Mais le militantisme et l’indignation collective fonctionnent. Le monde change. Ça évolue, doucement, ça progresse vers plus d’équité et une meilleure représentativité des minorités culturelles, visibles, religieuses, sexuelles et de genre.

Chez nous, nous ne sommes pas de reste. Robert Lepage a fait son mea-culpa concernant son spectacle SLĀV. Il a reconnu son erreur et promet de faire mieux, d’être plus à l’écoute, moins arrogant, plus inclusif. Venant d’un artiste de son envergure, c’est un message fort qui va résonner longtemps dans les sphères artistiques et du divertissement québécois.

Enfin, je suis convaincu que cette génération, celle de mes enfants, qui grandit avec des héros issus des minorités et des personnages fictifs de femmes fortes et indépendantes, cette génération va révolutionner le monde.

En attendant, je vous souhaite une bonne et heureuse année.

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