Parlons immigration

La Méditerranée «hier, aujourd’hui, demain»

La Méditerranée «hier, aujourd’hui, demain»
Photo: APIn this photo taken on Friday, June 1, 2018 the rescue vessel Aquarius ship approaches the Pozzallo harbor, Southern Italy. Spain stepped up Monday, June 11, 2018 and offered to take in a rescue ship carrying more than 600 migrants after Italy and Malta refused. Italy and Malta quickly thanked Spain's new Socialist prime minister for the offer to receive aid group SOS Mediterranee's ship at the port of Valencia. (AP Photo/Salvatore Cavalli)

Je suis en Espagne pour quelques mois. Tous les jours, je côtoie la Méditerranée. Je ne peux m’empêcher de penser qu’au même moment il y a des centaines de personnes qui tentent, au risque de leur vie, de traverser cette mer devenue cimetière.

Par hasard, je tombe sur un article écrit par Almudena Grandes dans le journal El Païs (le supplément du 19 janvier 2019) intitulé «Ayer, hoy, mañana» («Hier, aujourd’hui, demain»). Mme Grandes écrit sur ces milliers de personnes qui fuient leur pays pour sauver leur vie, face à l’insécurité, la violation des droits de la personne, la faim, les maladies, l’exploitation, le gangstérisme. Des caravanes de parents portant leurs enfants sur leur dos traînent tout ce qu’ils peuvent apporter comme bagages. Tout cela pour aboutir à des frontières fermées, à des clôtures barbelées, à des arrestations et des reconductions vers des camps de misère. Plusieurs meurent de malnutrition. Très peu de personnes réussissent à trouver un pays d’accueil.

Cela se passait il y a 80 ans! Sur la Méditerranée, on n’y trouvait pas des Africains. «Les dépossédés, les privés de droit, les maltraités, les exploités, les humiliés s’appelaient Garcia, Martinez, Fernandez, Lopez». Comme l’auteure le dit: «ils auraient pu être vos grands-parents, ou les miens».

Ça, c’était hier.

Aujourd’hui, l’Espagne envoie des signes contradictoires depuis que le parti socialiste de Pedro Sanchez a pris les rênes du pouvoir en juin 2018, à la suite d’un vote de censure du Parlement espagnol contre l’ex-premier ministre, Mariano Rajoy embourbé dans un gros scandale de corruption. D’une part, c’est l’Espagne qui a finalement accueilli le navire Aquarius refusé par Malte et l’Italie, avec 360 migrants à son bord. D’autre part, l’actuel gouvernement a commencé à expulser des migrants vers le Maroc.

Et demain? Il est fort probable que le gouvernement de Pedro Sanchez devra affronter des élections anticipées. Avec 84 sièges sur 350, les alliances qui lui permettent de gouverner sont plutôt fragiles. Par ailleurs, l’extrême droite gagne du terrain. On en a pour preuve la présence du parti d’extrême droite (Vox) dans le nouveau gouvernement régional de l’Andalousie, un bastion historique de la gauche. On peut imaginer que l’immigration sera au cœur de la prochaine campagne électorale et que même le parti socialiste, pour des raisons purement électoralistes, mettra la pédale douce sur l’ouverture envers les réfugiés. L’Espagne risque de rejoindre les autres pays européens en adoptant une approche «dure» envers les réfugiés. À suivre.

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