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Les indicateurs d’intégration: le Canada dans le «peloton de tête»

Les indicateurs d’intégration: le Canada dans le «peloton de tête»
Photo: Getty ImagesA Middle-eastern father, mother, brother and two sisters have just arrived to a new country. They are happily sitting together and smiling. The father is holding his family's passports. Their luggage is sitting to the side.

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) vient de publier son deuxième rapport sur les indicateurs d’intégration dans les pays de l’OCDE et quelques pays du G20. En tout, 41 pays, dont le Canada, sont comparés entre eux. Dans tous les cas, le Canada se retrouve dans les tops 10, et très souvent dans les tops 5, avec d’autres pays traditionnels d’immigration comme la Nouvelle-Zélande et l’Australie.  

Cette publication constitue l’un des documents les plus complets qui fournit des comparaisons internationales sur les résultats de l’intégration des immigrants et de leurs enfants. Les performances des immigrants, définis ici comme les personnes nées à l’étranger, sont toujours comparées à celles des populations natives. Dans l’ensemble, la bonne nouvelle, selon le rapport, est que dans plusieurs pays les indicateurs d’intégration se sont améliorés. Ceci dit, dans presque tous les pays, y compris le Canada, les performances des immigrants sur le marché du travail et dans la vie sociale demeurent encore en deçà de celles des natifs.

Les indicateurs portent sur diverses dimensions de l’intégration. Concernant l’intégration économique, cinq indicateurs ont été retenus: le taux d’emploi (pourcentage de la population occupée sur la population en âge de travailler), le taux de participation (pourcentage de la population occupée et en chômage sur la population en âge de travailler), le taux de chômage, le pourcentage des travailleurs avec contrats temporaires (un indicateur de précarité) et le niveau de pauvreté. Dans tous les cas, ces indicateurs indiquent que les immigrants canadiens ont des performances meilleures que la moyenne de l’OCDE (35 pays) ou encore à la moyenne des pays de l’Union européenne (28 pays). Cela se traduit par des taux de participation plus élevés, des taux de chômage plus faibles, moins de travail précaire et des taux plus faibles de pauvreté.

Notons un autre indicateur significatif, le surpeuplement des logements: ce phénomène est quasi inexistant au Canada (2% pour les immigrants) alors qu’il atteint 17% dans les pays de l’Union européenne.

Sur les autres critères non-économiques, le Canada continue à bien performer.  Par exemple, le pourcentage d’accès à la citoyenneté atteint 90% au Canada comparativement à 59% pour l’ensemble des pays de l’Union européenne. 

La participation électorale des immigrants est également plus élevée au Canada que dans les autres pays d’Europe.

Sur la perception (auto-rapportée) de leur état de santé, les immigrants du Canada sont au premier rang.

Notons que les comparaisons du Canada avec les autres pays présentées ci-haut pour les immigrants valent aussi pour les enfants issus de l’immigration, c’est-à-dire les personnes nées dans le pays de parents immigrants ou issues de mariages mixtes (voir le chapitre 7).

Le fait que les immigrants du Canada performent mieux que ceux des 41 pays examinés ne doit pas occulter le fait que l’intégration des immigrants au Canada ne se fait pas sans heurts. Comme il a souvent été démontré, les immigrants continuent d’être défavorisés, tant sur le plan économique que social. La discrimination demeure un phénomène réel. D’ailleurs, c’est sur cet aspect que le Canada se démarque le moins des 40 autres pays examinés: la proportion des immigrants qui disent avoir été victimes de discrimination est de 12% au Canada comparativement à 14% pour les pays de l’Union européenne.

Depuis quelque temps au Québec, on entend souvent le slogan «moins d’immigrants pour mieux en prendre soin».  Peut-être la leçon la plus importante à retenir de ce rapport est le fait que ce sont dans les pays à plus forte diversité que les immigrants et leurs enfants performent le mieux. C’est le cas entre autres du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, du Luxembourg et de la Suisse.

Ces indicateurs sont loin d’être parfaits. Ce sont des indicateurs «bruts» c’est-à-dire qu’ils ne tiennent pas compte de facteurs clés qui pourraient expliquer les différences entre pays. C’est le cas notamment de l’état du marché du travail (par exemple, le chômage est beaucoup plus élevé en Europe qu’au Canada). La critique la plus importante que l’on peut formuler contre ces indicateurs est qu’ils ne tiennent pas compte de la composition des flux migratoires et en particulier des catégories d’immigration (économique, familial, réfugié, irrégulier). Il faut bien souligner que la politique canadienne d’immigration est une des plus sélectives et restrictives au monde, ce qui fait que les immigrants sont en moyenne beaucoup plus qualifiés et éduqués que ceux des pays d’Europe. 

Commentaires 1

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  • Gael Olivier-Lacamp

    La dernière phrase de l article remet tout en cause. Cela me fait penser à toute ces écoles qui refusent les élèves moyens ou faibles pour pouvoir dire  » mon établissement à 100 % de réussite  » . Faut il donc une immigration choisie ? Ou accepter tout à chacun ?